Parution : 20/01/2010
ISBN : 978-2-7489-0117-7 192 pages 11 x 18 cm 8.00 euros |
Alèssi Dell’Umbria
La Rage et la révolte
Préface et postface de l’auteur
L’auteur de cet ouvrage n’est ni sociologue ni journaliste. Au début des années 1980, il participe à la première vague de révolte des banlieues. Il assiste ensuite, impuissant, à sa défaite, à sa récupération et à la mise en place d’un véritable apartheid social. Alessi Dell’Umbria est aussi l’auteur de Histoire universelle de Marseille (Agone, 2006) et de Échos du Mexique indien et rebelle (Rue des cascades, 2010). Les incendies des banlieues ne posent pas la question des droits mais celle de la lutte sociale. Parce que les jeunes chômeurs-à-vie qui grandissent dans ces zones de relégation sont le produit du fonctionnement d’un pays capitaliste avancé. Vingt ans après la première vague de contestation dans les banlieues pauvres, l’exclusion s’est faite plus radicale et la misère culturelle et politique sans limites. Dans cet espace sans appartenance où ils grandissent, certains tentent de s’en construire une au niveau de la bande : nés dans un monde hostile, ils se montrent hostiles à tout le monde.
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Banlieues enragées
Cela fait cinq ans maintenant qu’ont eu lieu les émeutes, durant l’hiver 2005, dans les banlieues françaises. Agone a la bonne idée de rééditer un texte signé sur le vif par Alèssi Dell’Umbria, l’auteur d’une Histoire universelle de Marseille, sous le titre évocateur de « C’est de la racaille ? Et bien j’en suis ! ». Avertissement préalable : Dell’Umbria n’y va pas de main morte. Il met volontairement le feu pour ouvrir le débat et prendre à revers les analyses que la plupart des hommes politiques, médias, sociologues et autres experts ont pu produire sur cette révolte spontanée. Quitte à jeter un peu vite avec l’eau du bain les associations, le droit, la démocratie représentative : tous décrits forcément comme les complices objectifs de l’État républicain répressif. Mais si Alèssi Dell’Umbria ne fait pas dans la nuance, il frappe juste souvent. « Dans l’imaginaire télé-commandé des Français, les racailleux sont désignés pour jouer les barbares de service », dénonce-t-il. Leur violence parfois aveugle exprime bel et bien la frustration générale de la jeunesse des banlieues pauvres, ces « lieux du ban » que la République a mis en place avec les meilleures intentions du monde… La casse des solidarités locales, sociales et un urbanisme « ayant pour objet de dissoudre toutes formes d’appartenance territoriale », n’ont pas pu empêcher l’apparition des bandes. Il faut s’en réjouir et renverser le discours affirme Alèssi Dell’Umbria : « la bande n’est pas le résultat de la relégation, elle est ce qui enraye celle-ci ». D’où l’empressement à pénaliser le moindre rassemblement de trois gamins en bas d’une cage d’escalier…
M.G.
Le Ravi,
mars 2010
Lire l’article sur le site Article XI Lémi
Article XI,
07/07/2009
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