Parution : 15/11/2000
ISBN : 2-910846-31-8 96 pages 12 x 21 cm 8.90 euros |
Eyvind Johnson
Dolorosa
& autres nouvelles européennes
Traduit du suédois par Philippe Bouquet & Virginie Büschel
postface de Philippe Bouquet Ce recueil de nouvelles, paru en 1932, est traduit pour la première fois en France. Ces nouvelles portent sur l’Europe contemporaine et la Grèce antique. On retrouvera toute la prédilection de Johnson pour les sujets à caractère historique, l’histoire étant, pour lui, la meilleure façon de parler aux hommes de leur présent, et même de leur avenir. Il ne s’agira donc pas de récits « en costumes », mais au contraire, d’un moyen de trouver sous les oripeaux de l’histoire la permanence de l’âme humaine.
Façonné par ses années d’errance dans l’Europe continentale des années 20 (en particulier en France à Saint-Leu-la-Forêt), Eyvind Johnson s’applique à forger son caractère à la recherche de son identité d’homme et d’auteur. Le recueil Dolorosa est le reflet littéraire de cette période. Eyvind Johnson (1900–1976) est l’un des écrivains majeurs de la littérature prolétarienne suédoise. En 1974, il partage le prix Nobel de littérature avec Harry Martinson. Du même auteur chez Agone : Écartez le soleil (2000), Le Nouveau Spartiate (2000). « J’ai jadis habité cette petite ville, si proche de Paris que ce n’en est plus vraiment une,même si elle ne compte que deux mille habitants. J’aspirais à en partir. Puis, quand le hasard m’a donné une nouvelle bourrade dans le dos et projeté dans la canicule estivale de Paris, j’ai commencé à languir – non pas de la ville au fond de la vallée, mais de la forêt. Pour commencer, je n’ai pas compris que c’était de la forêt. Je croyais que c’était de quelque chose d’autre. Puis un jour, au début de l’automne, j’ai rencontré le vieux François dans une rue de Paris, où il allait acheter des munitions. Je suis revenu avec lui et, depuis, nous avons braconné ensemble, le garde forestier et moi. En fait, nous avons surtout regardé les arbres. Une forêt laissée à l’abandon, c’est triste. Elle pourrit, la glaise s’en échappe de tous côtés après chaque averse. *** « Une idée en 1928 : il faut faire la révolution. Nous devons nous débarrasser de tout le passé et refaire le monde ! Tout ce qui est révolu se dresse alors pour crier avec une énergie juvénile : |

