Parution : 28/09/2007
ISBN : 978-2-7489-0074-3 352 pages 12 x 21 cm 22.00 euros
PDF 1.52 Mo
11.00 euros |
Ibrahim Warde
Propagande impériale & guerre financière contre le terrorisme
En coédition avec Le Monde diplomatique
Traduit de l’américain par Frédéric Cotton « Après chaque attentat, des experts autoproclamés dénoncent les réseaux de financement du terrorisme. Les enquêtes ont beau démontrer que ces attentats nécessitent en réalité très peu de fonds, pour les idéologues endurcis qui forment les bataillons des “guerriers de la finance”, l’absence de preuve ne signifie rien : il faut multiplier les attaques contre l’argent caché des terroristes. Ce livre ne montre pas seulement la manière dont, pour occulter toute relation entre terrorisme et politique étrangère, l’administration américaine s’est enfermée dans sa propre propagande, il dévoile également les contradictions entre la libéralisation à marche forcée prônée dans les années 1990 et le contrôle financier tentaculaire que les États-Unis mettent désormais en place partout dans le monde. Spécialiste de l’économie et de la finance internationales, professeur associé à la Fletcher School of Law and Diplomacy (Massachusetts), Ibrahim Warde écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique. Il a notamment publié Mythologies américaines (Le Félin poche, 2002).
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SUR LES ONDES
• France Inter – « Là-bas si j’y suis », Propagande impériale et guerre financière contre le terrorisme (22 novembre 2007)
Mythes et réalités de la guerre financière contre le terrorisme
Le huitième ouvrage d’Ibrahim Wardé, spécialiste de la finance islamique et professeur associé à la Fletcher School of Law and Diplomacy de Tufts University dans le Massachusetts, paru en français aux éditions Agone, en coédition avec « le Monde diplomatique », sous le titre « Propagande impériale et guerre financière contre le terrorisme », vient d’arriver en librairie à Beyrouth. Le livre original en anglais, « Price of Fear – The Truth Behind the Financial War of Terror », publié en Grande-Bretagne par les éditions Ibtarus et aux États-Unis par the University of California, est déjà épuisé. Dans ce livre, ce spécialiste de l’économie et de la finance internationales aborde la guerre contre le terrorisme sous l’angle de la finance. Lors d’une interview accordée à « L’Orient-Le Jour », l’auteur dégage les mythes et les légendes de cette guerre contre le terrorisme qui a été dès le départ « politisée », en levant le voile sur cette guerre financière menée par l’Administration Bush contre l’argent du terrorisme et surtout contre l’islam dans le monde. La fortune supposée de Ben Laden Confusion entre blanchiment d’argent et financement du terrorisme « Les terroristes savent exactement ce qu’il ne faut pas faire » Menaces de sanctions Sylviane ZEHIL
L'Orient-Le Jour,
décembre 2007
De la guerre contre le terrorisme, à la guerre contre la liberté
Au lendemain du choc de l’attentat du 11 septembre 2001, George Bush et son équipe déclarèrent la guerre au financement du terrorisme. Les guerriers de la finance devançaient de quelques mois les troupes qui allaient s’enliser en Irak. Ni l’une ni l’autre des opérations n’avaient fait l’objet d’une étude de terrain : elles allaient se heurter à l’ignorance des réalités, et avoir des conséquences désastreuses - pas seulement dans le monde arabe.
La propagande, le mensonge, la manipulation ont été et sont encore les piliers de ces démonstrations impériales. C’est ce que démontre ici Ibrahim Warde, professeur associé à la Fletcher School of Law and Diplomacy (Massachusetts) et spécialiste de l’économie et de la finance internationale. Il passe ainsi les comptes affichés au crible des faits, des contradictions et des preuves fournies parfois par les acteurs mêmes de cette bataille : à vouloir donner le change sur leurs véritables intentions, ils se prennent à leurs propres mensonges ? Dès qu’un attentat se produit, il n’est pas rare d’entendre un expert reprendre la thèse de l’argent qui fournit l’indispensable support aux terroristes : l’ennemi public numéro 1, Ben Laden, aurait fait fructifier sa part de la fortune familiale pour l’investir dans al Qaeda ? On oublie alors qu’il fut partenaire des services américains dans la guerre anticommuniste en Afghanistan, et un mentor agréé des taliban, avant de voir ses coffres vidés. L’Arabie Saoudite, ses rois du pétrole fidèles alliés de Washington, sont caricaturés, désignés un temps comme complices. Au pays où l’argent est présenté comme la valeur fondamentale, on utilise à fond l’imagerie du « nerf de la guerre » qui convient si bien à la diabolisation de l’islam et au choc des civilisations. En manager libéral du Pentagone, Rumsfeld constatera en octobre 2003 que « le rapport coût sur bénéfice est en notre défaveur ». Un rapport d’une commission d’enquête sur l’attentat contre le World Trade Center, en 2004, découvrira qu’il faut peu d’argent pour commettre les attentats. Mais la machine de guerre financière continuera à traquer les suspects, justifiant les lois répressives et l’espionnage (jusqu’en Europe, et en France) des données confidentielles sur les comptes des citoyens, en violation des lois. Le délire frappe à tort et à travers, provoquant des effets boomerang qui alimentent l’hostilité à la politique des États-Unis. C’est le désespoir et l’humiliation qui fournissent les recrues des réseaux intégristes, rendant la guerre financière contre-performante. L’ouvrage fourmille de preuves flagrantes. La politique des missionnaires néoconservateurs aveuglés par le mythe de leur superpuissance est en cause. S’il en était besoin, l’actualité vient de fournir à l’auteur un dernier témoin de l’échec catastrophique de cette machination avec la démission de la directrice de la communication de la Maison Blanche, Karen Hugues. Dans une interview à Associated Press, celle qui avait été chargée de reconquérir l’opinion dans un Moyen-Orient censé connaître enfin la démocratie avoue qu’il s’agit d’une mission impossible faute de mettre fin à la guerre et par-dessus tout au conflit israélo-palestinien. Jacques Coubard
L'Humanité,
01/12/2007
D. Leloup
Imagine n°64,
novembre-décembre 2007
Guerre financière contre le terrorisme, une croisade qui ne dit pas son nom
Notre correspondant à Paris a rencontré Ibrahim Warde, spécialiste de l’économie et de la fiance internationales, professeur associé à la Fletcher School of Law and Doplomacy en Massachusetts en Amérique. L’auteur d’origine libanaise, lève le voile sur les tenants et les aboutissants, dans son analyse, « Propagande impériale & guerre financière contre le terrorisme » d’une guerre financière menée par l’administration Bush contre l’argent du terrorisme, mais aussi et surtout contre l’islam dans le monde. Le Financier : La première riposte américaine aux attentats du 11 septembre fut le lancement d’une course-poursuite contre « l’argent du terrorism », dont l’hypothétique fortune personnelle de Ben Laden, baptisée « La guerre financière contre le terrorisme ». Pourquoi, à votre avis, l’administration Bush a choisi la finance d’abord et l’action militaire ensuite comme principaux moyens de lutter contre le terrorisme au détriment d’une approche politique ou diplomatique du problème que beaucoup appellent de leurs vœux ? Ibrahim Warde : Les attentats ont produit un choc considérable au sein de l’opinion publique, et plongé les dirigeants américains dans l’embarras. Ces derniers avaient en effet ignoré un certain nombre d’indices suggérant qu’Al Qaïda préparait une action d’envergure sur le territoire américain. Il fallait donc frapper vite et fort. Or, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld avait prévenu le président qu’une frappe militaire contre l’Afghanistan, pays hôte d’Al Qaïda, pourrait nécessiter jusqu’à six semaines de préparatifs. C’est dans ce contexte que l’idée d’une frappe financière fit son chemin. Le 24 septembre 2001, le président Bush annonça alors en grande pompe la première bataille de la « guerre contre le terrorisme », une attaque contre les fondations financières du réseau terroriste mondial. Entre autres mesures, 27 comptes de terroristes présumés furent bloqués. L’opinion publique pouvait se sentir rassurée car ces mesures donnaient à croire que de nouveaux attentats venaient d’être évités. En réalité, la décision ne pouvait avoir beaucoup d’effet puisque la plupart des comptes inscrits sur la liste avaient déjà été gelés par Bill Clinton, trois ans auparavant (« la suite des attentats de 1998 contre deux ambassades américaines en Afrique) ou appartenaient à « des organisations qui, soit n’existaient plus, soit fonctionnaient avec des moyens extrêmement réduits. David Aufhauser, le principal responsable du Département du Trésor qui avait été chargé de trouver des comptes à geler, racontera plus tard : C’était presque comique. Nous avons simplement fait la liste du maximum de suspects habituels possibles et dit : « Allons-y, saisissons leurs biens ». En somme c’est pour des raisons politiques que les premières frappes ont eu lieu sur le terrain financier. L’opinion publique avait soif de revanche, et l’armée américaine n’était pas prête d’attaquer l’Afghanistan. Dans votre livre vous mettez en lumière l’idéologie islamophobe sous-jacente des néo-conservateurs dans la « Guerre financière contre le terrorisme », dès lors que ses premières victimes ont été les Banques, les hommes d’affaires et les associations caritatives d’obédience musulmane. Faut-il, dans ce cas prendre au sérieux le mot « croisade » prononcé par Bush au lendemain du 11 septembre ? Le système politique américain est loin d’être aussi monolithique qu’on a tendance à le croire, mais certaines de ses composantes – en particulier les néo-conservateurs et la droite chrétienne – sont clairement islamophobes. L’intellectuel le plus influent en matière d’islam, en tout cas durant la période allant du 11 septembre 2001 jusqu’en 2004, année où l’étendue du désastre de la politique inspirée par les néo-conservateurs a finalement été reconnue, est sans contexte Bernard Lewis. C’est lui qui a en particulier expliqué l’islam au vice-président Dick Cheney et aux autres hauts responsables de l’administration américaine au lendemain des attentats du 11 septembre. Je cite dans mon livre certains de ses propos : « Il faut les frapper fort car les Arabes ne comprennent que le langage de la force »; « l’attentat suicide est une métaphore de tout le Moyen-Orient ; « un islamiste modéré est un islamiste qui n’a plus de munitions ». Si l’islam est l’ennemi, les fonds qui y sont associés sont par définition suspects. Il y a donc en effet une composante non négligeable du système politique américain pour qui la « guerre contre le terrorisme » doit être une véritable croisade. Comment expliquez vous l’un des paradoxes de la guerre financière contre le terrorisme, celui de la création de ce vous appelez la « forteresse financière » qui exclut de facto des pays entiers souvent des alliés musulmans de l’Amérique – les pays du Golfe principalement –, sous prétexte de lutter contre le financement du terrorisme ? C’est le résultat de la contradiction entre deux fondamentalismes : le fondamentalisme économique qui prône la libéralisation économique et l’intégration au sein de l’économie mondiale, et le fondamentalisme sécuritaire qui a tendance à voir le terrorisme partout. Cette contradiction a trouvé sa résolution dans la logique de la « finance ceinte » ou de la « forteresse financière ». Comme dans ces quartiers enclos et sécurisés que l’on trouve en Amérique latine (et plus récemment un peu partout dans le monde) dont les habitants sont totalement protégés du monde extérieur, la forteresse financière à l’intérieur de laquelle on jouit des privilèges d’un système financier libéralisé et ouvert abrite, en gros, les institutions financières des principaux pays industrialisés. Le reste du monde est généralement maintenu à l’extérieur. Le monde musulman en particulier est soumis à une surveillance constante, et même les entreprises les plus en vue de certains pays peuvent se voir soupçonner d’accointances terroristes. Bref, c’est le système des « deux poids, deux mesures ». Quand en février 2006, Dubaï Ports World a acquis la société britannique Peninsular and Oriental Steam Navigation (P&O), qui lui aurait permis de contrôler des terminaux de transports de six ports américains, l’affaire a provoqué un tel tollé que l’entreprise de Dubaï a dû céder le contrôle des ports américains concernés à une autre société. Ce rejet de pays entiers et de très larges secteurs d’activités hors les murs de la « forteresse financière » est en contradiction avec la stratégie officielle à long terme des Etats-Unis, qui consiste à démocratiser et libéraliser le monde. Alors même que ces pays sont invités à réformer leurs systèmes économiques pour mieux s’intégrer à l’économie mondiale, la guerre financière a multiplié les zones d’exclusion. Parfois l’exclusion est quasi-totale. En 2004, l’ambassade du Soudan à Washington s’est trouvée dans l’impossibilité de trouver une banque qui acceptait de lui ouvrir un compte. Dans votre analyse il est souvent fait état de l’incompétence de l’équipe Bush à cerner les véritables raisons qui engendrent le terrorisme mondial. De fausses solutions comme la guerre contre l’Irak et ses « succès catastrophiques » dans la région du Moyen-Orient en sont la preuve aujourd’hui. Pareil pour la « guerre financière contre le terrorisme » qui a produit l’effet inverse puisque les attentats terroristes ont augmenté de 700 % depuis son déclenchement en 2001, alors qu’elle était censée « tarir les sources du financement du terrorisme »… Dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre, l’argent était sans cesse décrit comme l’oxygène du terrorisme. Rares étaient ceux qui osaient suggérer que l’oxygène du terrorisme relevait surtout de facteurs politiques. Par ailleurs, les dirigeants américains, et le président Bush en premier n’ont cessé de clamer que les « sources de financement du terrorisme ont été taries et que la guerre financière a été couronnée de succès ». Comment dans ces conditions expliquer que le nombre d’attentats terroristes ait été multiplié par sept depuis 2001 ? Souvent, pour les bureaucrates, la mesure du succès n’est pas la baisse du nombre des attentats mais bien la multiplication des règles et l’hyperactivité de l’appareil bureaucratique. La gesticulation et le mouvement permanent – ce que l’on appelle aussi les « pseudos évènements » – annonces de gels d’avoirs, de sanctions, de nouvelles règles, initiatives et structures, etc. – peuvent donner l’illusion de progrès. Le but véritable n’est pas de gesticuler mais de mettre fin à la menace terroriste. Selon vous il faudrait peu d’argent aux terroristes pour commettre des attentats spectaculaires, comme celui de Londres qui n’a coûté que 1000 euros aux kamikazes. Pourquoi alors continuer à dépenser des millions pour contrôler des activistes dont l’enrichissement par le crime n’est pas un but en soi ? Un certain nombre de contrôles financiers sont nécessaires. Mais ces contrôles doivent être établis de manière intelligente et efficace. Il faut aussi savoir que les terroristes s’adaptent aux conditions nouvelles. Quand les « guerriers » de la finance claironnent leurs succès, ils informent aussi les terroristes de ce qu’il ne faut pas faire. Ainsi, à force d’entendre que les circuits bancaires officiels étaient étroitement surveillés, les terroristes ont appris à faire circuler leur argent dans l’économie informelle et souterraine. Le très virulent Noam Chomsky pense que « tout le monde à peur du terrorisme mondial et cherche à l’enrayer alors qu’il existe un moyen facile de le stopper : ne plus y participer ». Il préconise aussi un règlement rapide du conflit israélo-palestinien. Qu’en pensez-vous ? Il est certain que ce sont des considérations politiques qui alimentent le terrorisme, et le conflit israélo-palestinien est un facteur aggravant. Il faut savoir replacer le terrorisme dans son contexte géopolitique. Tous ceux qui ont été confrontés à des problèmes de guérilla ou d’insurrection savent que les causes comme les solutions sont avant tout politiques. Là où existe un terreau fertile, le terrorisme et ses sources de financement apparaîtront. À l’heure actuelle, trois pays, les Etats-Unis, Israël et la France, cherchent à contourner le conseil de sécurité de l’ONU, pour imposer de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran. Quel est votre sentiment à ce sujet ? À en croire Mohammed El-Baradei, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran ne pose pas de menace imminente. À la veille de la guerre d’Irak, il était, ainsi que son patron d’alors Hans Blix, sceptique au sujet des armes de destruction massives de Saddam Hussein. Ceux qui en assuraient l’existence veulent aujourd’hui la guerre en Iran. Mais pour revenir aux questions économiques, elles réussissent à rassembler tout le monde – les partisans de la ligne dure y voient un pas vers la guerre, les colombes y voient un moindre mal. Cela explique qu’aux Etats- Unis, malgré un Congrès très divisé, les sanctions sont presque toujours votées à la quasi-unanimité. Pourtant, et l’exemple cubain est révélateur : les sanctions ont un effet certain sur l’économie et la vie des gens mais elles renforcent le régime au pouvoir. Cette stratégie de l’étranglement financier a sans nul doute entraîné des difficultés économiques pour les Iraniens moyens, mais elle a permis à l’aile dure iranienne de renforcer sa main mise sur le pouvoir. Les sanctions sont souvent le résultat d’une frustration, une sorte de troisième voie entre l’inaction et l’intervention militaire. Tout au long de votre analyse vous vous référez souvent au rapport de la commission sur le 11 septembre, très critique envers la politique étrangère américaine, exceptée la guerre financière contre le terrorisme, qu’il renforce par un satisfecit, malgré ses maigres résultats. Quelles sont les raisons de ce traitement de faveur ? Ce n’est pas tant une question de traitement de faveur mais d’ignorance et d’intox. Il est plus facile de se moquer du monde lorsqu’on parle d’argent. Dans mon livre j’explique l’origine des mythes qui ont cours en matière de financement du terrorisme. Il y a des stéréotypes et des préconceptions, qui sont perpétués par les romans de gare et les films populaires. Le dernier James Bond, Casino Royale, portait justement sur le financement du terrorisme… Il y a une vingtaine d’années déjà dans son livre Poker Menteur, le banquier d’affaires Michael Lewis racontait comment il en était arrivé à « inventer des mensonges plausibles » pour rassurer des clients quelque peu nerveux. Si on lui demandait pourquoi le dollar chutait, il répondait : « Les Arabes ont vendu des quantités considérables d’or contre des dollars, qu’ils ont ensuite échangés contre des marks. » Pour le financier devenu écrivain, « la plupart du temps, personne ne sait pourquoi le marché fluctue. Celui qui peut inventer une bonne petite histoire fera un excellent courtier. Comme personne n’a jamais très bien su ce que les Arabes faisaient de leur argent et pourquoi, on n’a jamais pu réfuter un bobard les impliquant ». Dans l’intitulé de votre livre vous associez clairement la guerre financière contre le terrorisme à l’impérialisme américain. Est-ce que c’est votre manière indirecte de dénoncer le commerce de la peur que les américains entretiennent depuis le 11 septembre à des fins géostratégiques ? C’est Karl Rove, le mentor politique de George Bush, et l’architecte des victoires électorales de 2000, 2002 et 2004 qui l’a dit après le 11 septembre : « Nous sommes maintenant un empire, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité ». Certains ont certes utilisé ces attentats pour faire avancer ce qu’ils croyaient être les intérêts géostratégiques américains, sans beaucoup de succès il faut bien le dire. Mais c’est surtout l’exploitation de la peur à des fins politiciennes qui aura le plus marqué l’influence de Karl Rove. Quand les gens ont peur, ils ont tendance à suivre aveuglément leurs dirigeants. Aux élections de 2006, cette stratégie a montré ses limites. Entretien par Faycal Anseur
Le Financier (Algérie),
10/11/2007
La guerre financière, une lutte anti-terroristes ?
La “guerre financière”, engagée par le gouvernement Bush et devenue mondiale, devait lutter contre le terrorisme… Mercredi 31 octobre, 21 des 28 accusés dans le procès des attentats de Madrid du 11 mars 2004 ont été condamnés par la justice espagnole.Depuis 2004 et plus largement depuis 2001, la France a, à plusieurs reprises, reçu des menaces signées Al-Qaeda. Et puis les menaces sont restées à l’état de menaces. Mais grâce à qui ? Grâce à Monsieur Georges W. Bush et ses conseillers financiers, grâce au FBI aussi, si si ! Parce que vu leur lutte effrénée menée contre les financements des réseaux terroristes, les attentats ont dû diminuer ces dernières années. Faux, nous répond Ibrahim Warde, notamment spécialiste (Libano Américain) de l’économie et de la finance internationale. Dans son livre Propagande impériale et guerre financière contre le terrorisme, paru aux éditions Agone le 29 septembre dernier, Ibrahim Warde donne un éclairage documenté sur cette bataille financière états-unienne. Un aspect oublié et pourtant clef des relations internationales. C’est en effet « sur le front financier qu’a débutée la guerre contre le terrorisme » (p. 11). Dès septembre 2001, des lois sont votées (entre autre la Loi USA PATRIOT), des programmes mis en place (dont le « Terrorist Finance Tracking Program »), des institutions désignées, dans le but de lutter contre les financiers du terrorisme. Là, tous les pays sont priés de participer au combat. Sous peine de sanctions. Alors, des fonds sont gelés, ceux des responsables présumés de la catastrophe du 11 septembre, mais aussi des fonds du Hamas, du Hezbollah, des hawalas (réseaux informels d’agences de transferts de fonds), d’organisations caritatives islamiques. Et pourquoi se priver ? : après avoir confisqué les avoirs des Irakiens placés aux Etats-Unis, le 28 août 2003, un décret exécutif plaçait les avoirs de l’Etat irakien sous contrôle américain (p.16). L’auteur précise à la page 17 que « la volonté de couper les terroristes de leur financement n’est pas contestable en soi ». Ce qui est discutable, ce sont les abus, les conséquences souvent dramatiques sur les « Etats manqués », et le coût – démesuré – de cette « guerre financière ». Tandis que de l’autre côté, le coût réel des opérations terroristes est plutôt, et de plus en plus, modeste : environ 304 000 $ pour le 11 septembre (3000 morts), environ 10 000 $ pour ceux de Madrid (191 morts), moins de 1000 $ pour ceux de Londres en 2005 (52 morts). (Voir page 250 pour les autres attentats). Tandis que, signe d’une contestation grandissante face à la politique extérieure des Etats-Unis, les actes terroristes ont augmenté de 700 % depuis 2001 (p. 272). Anaëlle Verzaux
Bakchich.info,
09/11/2007
Sauvergardons l'Amérique !
L’objet de ce livre peur paraître limité et technique, abscons, rébarbatif quoi ! Il pourrait s’adresser à un public restreint de bons connaisseurs de la finance et à des pourfendeurs parentés de la politique américaine. En réalité c’ est un tour d’horizon décapant sur les tenants et les aboutissants de la politique poursuivie par l’équipe de Bush. L’auteur par du postulat, défini par le gouvernement du Président, que la guerre contre le financement du terrorisme est l’ultime bataille à mener pour endiguer les attentats qui flétrissent le monde par l’intermédiaire de la violence religieuse. Il pose les éléments qui composent la situation pour les analyser sans concession. Mal terroriste Argent musulman Charité chrétienne René Diaz
Zibeline n°1,
octobre 2007
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