Cent pages Hors collection
Greguerías (réédition)
Parution : 29/09/2005
ISBN : 2 906724 95 5
160 pages
12,5 x 19,5 cm
14.00 euros
Ramón Gómez de la Serna
Greguerías (réédition)
Réédition revue. Traduit de l’espagnol par Jean-François Cacelen et Georges Tyras.
Dans l’immense production littéraire de Ramón Gómez de la Serna, la greguería est un genre qu’il n’a cessé de cultiver.
De 1910 à 1962, les greguerías seront publiées dans la presse, incrustées dans d’autres livres, maintes fois réunies, inédites pour certaines ; elles sont de véritables petits chefs-d’œuvre, des notations délicates, de purs joyaux ciselés dans le laboratoire génial de l’auteur.
« La greguería est née vers 1910, expliqua-t-il, un jour de fatigue et de scepticisme où je pris tous les ingrédients qui se trouvaient dans mon laboratoire, flacon après flacon, et les mélangeai. De leur précipité, de leur dissolution radicale, surgit la "greguería", qui est "humour + métaphore" ou encore "l’urne de mes cendres quotidiennes", un "œillet sur le mur"… »
Madrilène de naissance, Ramón Gómez de la Serna (1891-1963) partit vivre à Buenos Aires au moment où la guerre civile éclate dans son pays. Dans les années 20, il a fréquenté à Madrid le café Pombo, et sa conversation, ses rites, ses jeux et ses proclamations sont aujourd’hui entrés dans l’histoire littéraire, tout comme la tour de marbre emplie d’objets bizarres qu’il habitait au centre de la capitale, variante surréaliste de la tour d’ivoire. « Il sort parfois de son appartement et de sa vie purement intimiste, a-t-il écrit de lui-même, pour donner des conférences en excentricité », juché sur un trapèze, un réverbère à gaz ou un éléphant. Car il parle, ou il écrit, sans arrêt : théâtre, romans, faux romans, nouvelles, critiques, essais, lettres (souvent adressées à lui-même), portraits d’écrivains, de rues et de places, livres d’art, biographies et une autobiographie intitulée Automoribundia (1955).
Quelques exemples de Greguerías :

L’uniforme des hussards a l’air d’une radiographie.

La girafe est un périscope pour scruter l’horizon du désert.

La pastèque est une tirelire à couchers de soleil.

Ce que l’aurore a de mieux, c’est de tout ignorer du jour précédent.

Les assurances sur la vie sont en réalité des assurances sur la mort.

L’oracle était un menteur dont l’originalité consistait à prévoir les mensonges qu’il allait proférer.

Les cimetières sont peuplés de gens « qui ont ri les derniers ».

La guillotine est un rasoir mécanique inventé par la Révolution française.

Etre à Venise, c’est croire que l’on est à Venise. Rêver de Venise, c’est être à Venise.
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net