Parution : 01/03/2008
ISBN : 978-2-940358-16-8 192 pages 17 x 20 cm 20.00 euros |
David Antin
Je n’ai jamais su quelle heure il était
[...] une femme qui avait suivi le déroulement de mon intervention apparemment avec un très vif intérêt est accourue vers moi et m’a dit dans un grand soulagementdieu merci j’avais tellement peur que les mots vous échappentmais il n’y avait pas de motsmes performances ne sont pas des discours ce sont des pensées et des méditations je viens avec des préoccupations et des réflexionsavec des questions et de quoi penser et même des obsessions mais il n’y pas de mots pas d’avance je pourrais employer le mot « improvisations » je l’ai fait auparavant mais j’ai fini par me méfier de ce que la plupart des gens y mettent l’idée de partir d’une page blanche personne ne part d’une page blanche ni charlie parker ni homère ni ludwig wittgenstein ne sont partis d’une page blanche chacun à sa façon considérant un terrain déjà bien connu qu’ils ont renouvelé en le considérant à leur touret c’est ce qu’étaient ces pièces au départ quand je les ai parlées la reconsidération d’un terrain un vieux terrain l’expérience du tempsde la répétition du souvenir et de l’oubli voilà pour ce qui est de l’origine [...]
Poète, artiste et critique d’art, David Antin est né en 1932 à New York, et depuis 1968 vit à San Diego où il enseigne au département art de l’Université de Californie. En 1972, il imagine les talk pieces, parfois appelées talk poems, en réécoutant sur son autoradio l’enregistrement d’une conférence (talk) qu’il vient de donner à des étudiants d’art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par de simples espaces blancs qu’il emploiera chaque fois que sur la bande il s’entendra respirer, devient le premier des talk poems: talking at pomona, publié dans un livre charnière (son cinquième livre), talking, qui marque l’abandon de la «forme poème». if someone came up and started talking a poem at you / how would you know it was a poem ? Il ne cesse depuis de «parler» (surtout dans des lieux destinés aux arts plastiques, musées, centres d’art ou galeries), d’enregistrer (David Antin est toujours accompagné, lors de ses «performances», d’un petit dictaphone) puis de retranscrire ses talk pieces qu’en trente ans il a réunies dans quatre livres : talking at boundaries (1976), tuning (1984), what it means to be avant garde (1993) et i never knew what time it was en 2005. David Antin a, en outre, été le commissaire de plusieurs expositions d’artistes « post Pop » et d’une exposition consacrée à Fluxus. |
