Parution : 01/03/2008
ISBN : 978-2-940358-34-2 66 pages 14 x 12,5 cm 24.00 euros |
Gustave Roud
Rhapsodie
avec 1 disque compact audio d’une durée de 70 mn
« A l’écoute du monde, de ses appels et de ses messages, Roud définit le pouvoir des paysages et des lieux par des métaphores musicales : note, partition, accord, unisson, concert, mélodie, lied, contrepoint, symphonie, les images sont innombrables, dans les Écrits comme dans le Journal, pour exprimer l’effet sur l’être entier d’un contact sensible avec le monde. Ce qu’il perçoit dans ses rencontres avec la nature comme une simultanéité de timbres, il voudrait le restituer dans le texte poétique. La vertu de la poésie tient pour lui dans sa “réversibilité” : Roud entend par là la résonance d’un texte, susceptible de transmettre au lecteur, au-delà du sens, les valeurs sensibles et affectives, le registre tonal dans lesquels il a été conçu. La poésie de Roud est douée à un haut degré de cette vertu de “réversibilité” : son charme opère comme un piège musical. Mélodieux et envoûtant, le phrasé roudien se construit sur des rythmes amples, dépourvus d’aspérités et de ruptures. Roud s’est toujours défini lui-même comme un lyrique. Poète de la voix et du chant, du rythme et du souffle, il fait entendre dans sa poésie des consonances, des échos, une respiration capables de toucher le lecteur, de lui donner à éprouver charnellement un climat, une atmosphère, l’attrait d’un paysage. » Extrait du texte Devenez un œil énorme, une oreille suprème ! de Claire Jaquier Né à Saint-Légier (Vaud) le 20 avril 1897, Roud s’installe avec ses parents en 1908 à Carrouge dans le Haut-Jorat dans une ferme héritée du grand-père maternel. Il y passera toute sa vie, jusqu’à sa mort à l’hôpital de Moudon le 10 novembre 1976.
Roud fait des études classiques à l’Université de Lausanne. Ayant renoncé à l’enseignement après une tentative malheureuse, il se consacre entièrement à l’écriture poétique, à la traduction, tout en collaborant à plusieurs revues et maisons d’édition de Suisse romande. Il se trouve ainsi en contact avec de nombreux artistes et écrivains de son temps : C. F. Ramuz, Georges Borgeaud, Philippe Jaccottet, Maurice Chappaz, Jacques Chessex, Seven-Paul Robert, René Auberjonois… Poète nomade dans une vie sédentaire, Roud a relié, par son amour des routes et sa culture à la fois romantique et classique, des mondes antinomiques : les sensibilités germanique et latine, les brumes et la lumière, l’obscurité de l’invisible et la clarté du monde tangible. De famille paysanne, mais lui-même universitaire et intellectuel, en constant décalage avec son milieu, il va chercher par la poésie à rassembler ces deux parts de lui-même, invoquant dans une même prose le proche et le lointain, l’ici et l’ailleurs, le charnel et le spirituel. L’essentiel de l’œuvre tient en trois volumes édités par la Bibliothèque des Arts en 1978, qui regroupent les recueils parus séparément : Adieu (1927), Feuillets (1929), Petit Traité de la marche en plaine (1932), Essai pour un paradis (1932), Scène (1941), Pour un moissonneur (1941), Air de la solitude (1945), Le Repos du cavalier (1958), L’Aveuglement (1966), Requiem (1967), Campagne perdue (1972). Ces écrits forment le noyau de son œuvre. |
