Parution : 17/05/2002
ISBN : 2-940055-35-1 52 pages 21 x 27,5 cm 25.00 euros |
Stéphane Brunner
Nouvelles (et Anciennes) Peintures 2001-2002
Textes de Rainer Michael Mason, Vincent Barras et Florian Rodari - 22 illustrations
Né en 1951 dans le Valais suisse, Stéphane Brunner a travaillé plusieurs années d’abord à Berlin puis à Bruxelles avant de s’établir à Genève. Son œuvre est d’une rare exigence. La peinture étant à ses yeux l’organisation d’une surface (« peindre c’est diviser », affirme-t-il), il s’interroge sur les multiples possibilités de créer de la vie à l’aide de rythmes, de mouvements, de matières, d’espaces et de formes élémentaires. Après une série de peintures noires tracées sur des papiers tendus sur châssis, il s’adonne depuis quelques années à la réalisation de monotypes jouant sur les modulations et les transparences de la lumière. En décembre 2001 un incendie ravage son atelier, détruisant tous ses travaux récents. Trois de ses amis, Rainer Michael Mason, conservateur du Cabinet des estampes de Genève, Vincent Barras, musicien et historien de la médecine, et Florian Rodari, poète et critique d’art, tentent ici une analyse de cet art qui s’inscrit, par son goût de la série et de la méditation sensible, dans la durée.
« Le peintre n’est pas seulement cet homme qui regarde, scrute, invente, il est aussi cet artisan qui s’efforce d’exprimer ce qu’il voit. ses instruments servent dès lors à traduire en des analogies efficaces quelque chose de ce mouvement opéré en lui par le visible; Chaque geste qu’il accomplit se dépose sur le support comme une trace de rythme perçu. En touches, en taches, en couches, par effleurement, soulèvement, décollement, arrachement, par dépôt ou effacement. La peinture est, dans ces conditions, on s’en doute, non seulement une opération de surface, mais une plongée dans les épaisseurs du temps. Accumuler les coups de pinceaux ou décharger son papier de la matière dont il est imbibé, comme on aime à le faire Stéphane Brunner, c’est s’employer à redire les incessants va-et-vient de la mémoire et de l’oubli. Cristal ou poussière. Noir dense, blanc diffus. matière d’hier et d’aujourd’hui. […]
très peu de chose, un écart imperceptible, et le monde est transformé, accru ou privé, dans cette conscience portée à l’aigu, de l’essentiel. Nous sommes trop aisément persuadés d’avoir à nous déplacer loin pour retrouver la surprise. Nous pensons volontiers que seuls l’exotisme, l’étrange, la violence peuvent raviver nos sensations. Stéphane Brunner nous prouve au contraire que l’ébranlement est à portée de notre regard, qu’il peut avoir lieu à toute heure dans la fragilité d’un reflet ou l’inflexion d’un trait. » (Florian Rodari) |

