Parution : 16/11/2001
ISBN : 2-940055-18-1 48 pages 16 x 21,5 cm 16.50 euros |
Giovanni Raboni
Au livre de l’esprit
Traduction de Philippe Jaccottet et texte italien en regard – Préface de Bernard Simeone
Giovanni Raboni est né à Milan en 1932 (mort à Parme en 2004). Truffés de références littéraires qui vont d’Eliot aux écrivains français du début du XXe siècle, et à Montale, ses textes renvoient à une « ligne lombarde » caractérisée par une grande variété de registres linguistiques. Cependant cette tendance s’efface parfois, comme dans ces sonnets, au profit d’une poésie de l’incertitude et de la précarité de l’être. Traducteur en italien de Baudelaire et de Proust, dont il a assumé l’édition intégrale de la Recherche du temps perdu, Raboni est également critique littéraire et chroniqueur de théâtre auprès du quotidien milanais Il Corriere della Sera. En 1997, Garzanti a publié Tutte le poesie 1951-1993, volume qui réunit en lui donnant une nouvelle ordonnance toute sa production poétique.
Il est temps de lire dans notre langue Giovanni Raboni, dont l’intense activité critique - en faveur d’oeuvres essentielles, mais longtemps sous-estimées, comme celles de Bertolucci et Caproni - ou encore sa traduction intégrale de la Recherche, feraient presque oublier qu’il est aussi, et d’abord, un poète. Une tonalité, une vibration, clairement reconnaissables, un humus de perceptions, d’affects et d’inquiétudes, qui impose en quelques vers un monde, un rapport de l’auteur à lui-même où dominent le doute et la lucidité, une conscience aiguë des identités mensongères et de la précarité de toute existence, une compassion nécessaire mais difficile : au sein de la "ligne lombarde" individualisée par Luciano Anceschi, mouvant territoirre où se retrouvent de spoètes de plusieurs générations, de Luciano Erba à Franco Buffoni, Raboni est une présence majeure.
[...] Rituel privé, certes, que ces sonnets, mais qui s’adresse, sur quelque impossible agora, à une communauté encore introuvable. Le sonnet selon Raboni n’est pas le blason sophistiqué qu’élabora Zanzotto, mais un simple écho de la grande forme, et ce peu de concrétion, transitoire, où l’art subsiste en des temps contraires. Philippe Jaccottet, respectant rimes et allitérations, offre la cage à peine perceptible des vers et le souffle qui la franchit, avec une grande subtilité et un parfait naturel. Ces pages sont la rencontre vraie de deux poètes. Bernard Simeone (extrait de la préface) |
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Marco Sabbatini
Le Temps,
26/01/2002
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