La Dogana Poésie
De longues absences
Parution : 16/11/2004
ISBN : 2 940055 39 4
64 pages
16 x 21,5 cm
18.50 euros
Alain Madeleine-Perdrillat
De longues absences
suivi de Treize poèmes de l’hiver en corrèze
Si le poème peut parfois encore avoir un sens, parler, toucher sans feinte, c’est parce que le regard qu’il traduit, l’écoute qu’il transmet sont puisés au plus proche des êtres, au plus vif de la vie. Aucune esbroufe dans ces vers de Madeleine-Perdrillat, pas d’explication, juste un mouvement de la langue, des images assemblées en quelques mots simples, cruels, à partir de la désolation, de la solitude dont on semble ici toucher le fond. Mais dans ces conditions les figures dessinées prennent un relief surprenant : c’est nous, ce sont tous ceux qui nous ont quittés, chaque jour, et qui reviennent parfois, dans leur violence et leur beauté, quand le cœur cède, admet enfin de céder à l’infinie faiblesse qui nous fonde.
Né en 1949 à Paris, Alain Madeleine-Perdrillat travaille à la Réunion des Musées nationaux. Il est l’auteur d’une importante monographie sur Seurat (Skira, 1990), d’un livre de correspondance de Nicolas de Staël (Hazan, 2003) et d’une trentaine d’articles et d’essais sur des écrivains, des peintres et des photographes. De longues absences est son premier recueil de poèmes.
Dureté des rues dureté des pierres des rues
du goudron beurre luisant et noir
du macadam qui ne danse pas
Dureté des trottoirs dirait-on plus durs encore
que la chaussée et le béton des murs
Dureté de la glace des vitrines
où le front heurte quand on s’approche trop
Grilles luisantes et noires du square
avec son kiosque creux
et le claquement dur de ses portes de fer
Angles droits partout angles durs
des escaliers du métropolitain
et sous la terre absente
dureté des néons et des quais
Au fond d’une galerie deux rames se croisaient
et l’une disparaissait à jamais
Dureté des mots
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net