La Dogana
Le Poème d'invitation
Parution : 18/11/2003
ISBN : 2-940055-16-5
108 pages
14,5 x 19,5 cm
18.50 euros
Jean Starobinski
Le Poème d’invitation
Précédé d’un entretien avec Frédéric Wandelère et suivi d’un propos d’Yves Bonnefoy
Au cap du nouveau siècle, Jean Starobinski poursuit son activité d’écrivain. Les livres qu’il prépare sont des essais sur la littérature du XVIIIe siècle, sur les arts et la poésie moderne, sur la condition corporelle.
Pour lui, les intérêts de la poésie et ceux du savoir exact ne sont pas contradictoires : ils peuvent être soutenus conjointement jusque dans le travail linguistique et l’édition de texte. La recherche d’archive – sur des marginalia ou des brouillons – lui a permis notamment d’éclairer les rapports passionnés que Rousseau a établis avec Montaigne et Torquato Tasso… Ce « maître à lire » a le respect de l’austère document, tout en ne perdant jamais de vue les enjeux actuels de la parole poétique. L’univers de la relation vécue est celui qui lui importe par-dessus tout.
Jean Starobinski a suivi des études conjointes de lettres et de médecine à l’Université de Genève. Il fut pendant quelques années médecin assistant en médecine interne, puis en psychiatrie. Après la publication, de son livre Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l’obstacle (1958), des enseignements d’histoire des idées et de littérature française lui ont été confiés à l’Université de Genève. Dans le domaine de l’histoire des idées, il porta son intérêt sur l’histoire de la psychiatrie. Dans des livres comme Montesquieu (1953, nouvelle version augmentée en 1994), L’Oeil vivant (1960, nouvelle version augmentée en 1999) , La Relation critique (1970), Trois fureurs (1974), Montaigne en mouvement (1982), Le Remède dans le mal (1989), Jean Starobinski a mis en œuvre une critique proche des textes et attentive aux aspects fondamentaux de l’expérience littéraire. Il s’est tourné vers les rapports de la littérature et des arts dans L’Invention de la Liberté (1964), Les Emblèmes de la raison (1973), Portrait de l’artiste en saltimbanque (1970), Largesse (1994). Sur quelques grands thèmes - L’usage et la dénonciation des masques, le don fastueux, la mélancolie - il a développé un comparatisme généralisé, qui ne souhaite pas séparer ses preuves de sa théorie.

Jean Starobinski a reçu le Prix Balzan en 1984. Parmi ses distinctions récentes, il faut mentionner le Prix National de l’Ecrit, le Grand Prix de la Francophonie décerné par l’Académie Française, le Prix Grinzane-Cavour, le Premio Nuova Antologia, ainsi que le Prix Karl Jaspers de l’Université et de la ville de Heidelberg.

Sur ce site, vous trouverez aussi : Goya, Baudelaire & la poésie (La Dogana, 2004).
L’occasion est ainsi donnée à La Dogana de rendre justice à l’un des plus stimulants écrivains actuels que la manie des catégories s’obstine à considérer comme un savant de type universitaire. Depuis longtemps nous savons ici qu’il y a peu de regard plus ouvert et accueillant que celui de Jean Starobinski, à l’égard de toutes les manifestations de l’esprit humain, sans préjugés sauf l’amour inconditionnel qu’il porte à la musique de la langue française, et qu’il y a peu d’écriture plus souple et lumineuse dans la quête du secret d’une oeuvre.

Il est significatif que "l’interprète" de partitions littéraires, tel que Starobinski aime à se définir lui-même, soit entouré ici de deux poètes. Tant Yves Bonnefoy que Frédéric Wandelère profitent de cette occasion pour rappeler l’importance de la part critique, de la réflexion ou de la mémoire dans cette tentative de traduction, par les mots, que constitue le poème.

Ils évoquent en connaissance de cause le nécessaire travail de déchiffrement, les impératifs de mesure, les choix décisifs qui président à l’élaboration de ce moment formel, unique, qui devrait à leurs yeux refléter, en quelques vers, en quelques images exactes, toute la complexité du monde et résonner longuement aux oreilles du plus grand nombre.
Revue de presse
- Consulter Isabelle Rüf Le Temps, 29/12/2001
Pour entourer ses réflexions sur le poème d’invitation, Jean Starobinski a choisi deux poètes : Frédéric Wandelère et Yves Bonnefoy. Le premier interroge le critique genevois à propos de ses sources dans un entretien qui est un véritable art poétique. «Mon point de départ, dit Staro, est l’intuition d’une question où notre vie est impliquée.» Pour comprendre et faire comprendre, il dit avoir choisi le savoir et la rationalité. Mais les lecteurs de ses subtiles études savent bien qu’elles dépassent ce cadre académique par la complexité des points de vue. Historien? Critique? Ecrivain? Certainement tout cela, éclairé par une sensibilité littéraire, nourri par la fréquentation de l’inconscient. On peut le constater encore une fois en lisant à la suite l’étude sur les paroles d’hospitalité, d’Homère à Mallarmé, un thème longuement mûri, complété par quelques poèmes en annexe. Il y a un an, on célébrait les 80 ans de Jean Starobinski : son ami Yves Bonnefoy lui a rendu un bel hommage au Musée Jenisch à Vevey, reproduit ici. A partir d’Action et Réaction, l’importante étude parue en 1999, le parcours intellectuel du critique est passé en revue. Un petit ouvrage important pour l’histoire des idées.
Isabelle Rüf
Le Temps, 29/12/2001
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