Parution : 15/10/2002
ISBN : 2-951013-00-5 64 pages 20 x 20 cm 15.00 euros |
Michel Perrin
La Bande à Guignol
12 illustrations en bichromie de Laureline Mattiussi
Dans la petite ville d’Yon, un théâtre de marionnettes inquiète les notables : les pantins rossent agents et créanciers, comme pour bousculer « le désordre des choses », à la plus grande joie des enfants, « voleurs de pommes, casseurs de carreaux, tireurs de sonnettes, chapardeurs de sucettes ». Le théâtre est donc détruit, le marionnettiste emprisonné et les marionnettes reléguées dans une cave…
Mais cela ne suffit pas à empêcher leur insolence subversive de faire des ravages : Guignol, Madelon, Gnafron et le reste de la bande, animés par le feu de la révolte n’ont besoin de personne pour passer à l’action et semer une joyeuse pagaille… Tendres et cruelles, les illustrations de Laureline Mattiussi créent un univers rempli d’humour et de poésie, elles rythment la cavale de la bande à Guignol, joyeux fracas orchestré par des personnages grotesques et parfois inquiétants. Le livre oscille entre récit d’aventures et texte engagé où les petits mènent la danse, faisant tourner en bourrique les gros et les puissants, et où les agents de l’ordre établi n’ont pas le dernier mot… <a href="http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?id=3729&them=Marionnette">Critique du livre sur le site de Ricochet. Michel Perrin, né au hasard sur une petite poussière planétaire de la banlieue solaire appelée Terre. Passe le plus clair de son temps à noircir du papier, incognito sous le pseudonyme de son patronyme. Plus ou moins, écrit contre, et donc pour le lecteur, éveillé et rêveur.
Année de naissance : variable suivant l’emplacement de l’an zéro… 1961 ? Profession : …Sans foi ni loi… Centres d’intérêts éventuels : excentrés ! Activités relatives au livre : jeteur d’encre sur page blanche et à la littérature : lecteur « désœuvré » Livres cultes : incultes, aucun. Quelques livres lus et relus (entre autres) : Jours de silence, Poteaux d’angle, etc, Henri Michaux Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline La métamorphose, Franz Kafka 1984, George Orwell Malpertuis, Jean Ray et aussi : Sur la route, Jack Kerouac ; Ulysse, James Joyce ; Martin Eden, Jack London ; Bureau de tabac, Fernando Pessoa ; Le désert des Tartares, Dino Buzzati ; les poèmes de Paul Valet ; les aphorismes de E.M. Cioran ; Nada, Jean-Patrick Manchette ;Le petit prince, Antoine de Saint-Exupéry… Petit mot personnel destiné au jeune lecteur, unique, petit ou grand : sans être assez bien « déplacé » pour donner des conseils, suggère à chacun de choisir SES livres (sauvages plutôt que d’élevage) et non l’inverse. Il a publié le principal de son œuvre chez Magnard : Meurtre à la menthe (1998), Monstre à la gomme (1999), Agent zéro-zéro (2000), Crime à l’anglaise (2000) et Les diablotins d’Halloween (2003) et aux éditions de la Mauvaise Graine : Le Grand Jacady (2002) et Le monde à l’envers (2003) Laureline Mattiussi est née en 1978 à Nancy. Après des études aux Beaux-Arts d’Aix-en-provence, elle se spécialise dans la BD à l’Ecole supérieure de l’image d’Angoulême. Parellèlement à diverses activités ayant trait à la BD - expositions, interventions pédagogiques, animations pour des ateliers d’enfant…- elle réalise des scénographies de théâtre ou d’expos, et travaille à des illustrations, notamment pour plusieurs numéros de la revue 813. A Angoulême, elle rencontre d’autres auteurs et leur maison devient le centre d’un collectif qui aboutira à la création des éditions de La Maison Qui Pue. Elle vient de terminer la rédaction du scénario d’un spectacle pour enfants dont elle prépare la mise en scène avec le comédien Thomas Pelletier. Les marionnettes sont toutes là…sauf une !
« A ça ! bredouille-t-il. On a volé un polichinelle ! – Polichinelle ? grogne en écho une voix de fausset, Polichinelle toi-même, andouille aux cornichons ! » Surpris, l’agent frissonne et s’écrie : « Qui-qui est là ? – Moi, tête de bois ! » D’une lampe tremblante, Laguigne fouille les ténèbres souterraines. Enfin, dans les décombres du théâtre, il aperçoit une petite ombre qui se dresse et qui lui parle : « Tu te crois beau avec ta tête à casquette, ta grosse bedaine et tes yeux de veau ?! » Effaré l’agent fusille de sa torche la sombre silhouette. Un corps de drap marron apparaît puis une face ronde au nez retroussé, aux yeux noirs, au sourire en faucille. C’est la marionnette manquante. Elle semble le fixer, le narguer « Qui êtes-vous ? » aboie Laguigne. Le pantin alors s’incline comme pour saluer. « Guignol ! persifle la voix venue du théâtre en ruine » |

