Parution : 15/12/2003
ISBN : 2-915013-01-2 72 pages 20 x 20 cm 15.00 euros |
Michel Perrin
Le Monde à l’envers
15 illustrations en bichromie de Clara Auclair
Venu d’ailleurs, l’étrange Grok déambule et porte sur notre monde un regard ingénu, étonné, moqueur. Frontières, hôpital, prison, consommation, environnement... : Il pointe l’absurdité et le non-sens de nos actes quotidien et de nos sociétés. Où est le vrai, où est le faux, dans ce monde qui semble parfois marcher sur la tête ?
Fable, farce, conte, méditation sur les valeurs portées par nos sociétés « développées ». Avec humour, les tribulations de Grok nous invitent à reconsidérer nos certitudes, à relativiser nos acquis, à mettre en doute la norme sociale… Recourant au collage de papiers de récupération (kraft et coupures du journal Libération), l’illustration donne à ce texte poétique toute sa résonance actuelle. • Michel Perrin, né au hasard sur une petite poussière planétaire de la banlieue solaire appelée Terre. Passe le plus clair de son temps à noircir du papier, incognito sous le pseudonyme de son patronyme. Plus ou moins, écrit contre, et donc pour le lecteur, éveillé et rêveur.
Année de naissance : variable suivant l’emplacement de l’an zéro… 1961 ? Profession : …Sans foi ni loi… Centres d’intérêts éventuels : excentrés ! Activités relatives au livre : jeteur d’encre sur page blanche et à la littérature : lecteur « désœuvré » Livres cultes : incultes, aucun. Quelques livres lus et relus (entre autres) : Jours de silence, Poteaux d’angle, etc, Henri Michaux Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline La métamorphose, Franz Kafka 1984, George Orwell Malpertuis, Jean Ray et aussi : Sur la route, Jack Kerouac ; Ulysse, James Joyce ; Martin Eden, Jack London ; Bureau de tabac, Fernando Pessoa ; Le désert des Tartares, Dino Buzzati ; les poèmes de Paul Valet ; les aphorismes de E.M. Cioran ; Nada, Jean-Patrick Manchette ;Le petit prince, Antoine de Saint-Exupéry… Petit mot personnel destiné au jeune lecteur, unique, petit ou grand : sans être assez bien « déplacé » pour donner des conseils, suggère à chacun de choisir SES livres (sauvages plutôt que d’élevage) et non l’inverse. Il a publié le principal de son œuvre chez Magnard : Meurtre à la menthe (1998), Monstre à la gomme (1999), Agent zéro-zéro (2000), Crime à l’anglaise (2000) et Les diablotins d’Halloween (2003) et aux éditions de la Mauvaise Graine : Le Grand Jacady (2002) et Le monde à l’envers (2003). • Clara Auclair est né en 1974, est professeur des écoles à Tours. Cet ouvrage est sa première publication en tant qu’illustratrice. Les illustrations du Monde à l’envers de Michel Perrin (par Clara Auclair). Les aventures de Grok, nouveau Candide sélénite échoué sur la planète Terre, rendent un moderne tribut au genre multiséculaire de la parabole. A la manière des Turcs des Lettres Persanes, son regard extérieur et naïf met impitoyablement en évidence la bêtise humaine, nous invitant à reconsidérer nos pesanteurs, nos certitudes ou nos ridicules. Pistant nos contradictions, révèlant nos barrières psychologiques, l’absurdité de notre organisation sociale ou de nos réflexes primaires, il s’interroge sur nos “valeurs” : liberté, propriété, frontières, médias, publicité, télévision, ségrégation, automobile, énergie, violence. L’illustration, recourant au collage de papiers de récupération (craft et journaux) a privilégié la neutralité et la lisibilité des figurations, à l’image de ce petit héros rondouillard, blanc et lunaire, que l’astre affuble d’une ombre omniprésente.Le collage m’a incité à travailler plus le cadrage et les lignes au détriment des détails mais à l’avantage de dessins simples et très lisibles qui n’imposent aucun trait trop définitif : une automobile est, conformément à la vision de Grok, une carcasse roulante, une ville un empilement de cubes, des fusils de douteuses et tortueuses mécaniques. Fidèles à la leçon de liberté proposée par Michel Perrin, les illustrations développent un discours parallèle qui leur est propre. Les extraits de jounaux, tous tirés de Libération, ont été choisis comme autant de clins d’œil, de résonances actuelles du texte. Ces nouvelles allusions, à rechercher dans les détails des illustrations, invitent à leur tour le jeune lecteur à faire l’expérience de sa propre liberté de questionneur et de créateur. « Numéros…trente-trois !
- Tiens, se dit Grok, celui-ci doit être le frère de l’autre… » A nouveau, autour de lui, remous et rumeur. Enfin, avec l’attente revient le silence. Plus tard, tout recommence quand la voix nasillarde encore grésille : « Numéro…trente-quatre ! - Ah ça ! s’étonne Grok ils sont donc venus tous ensemble ? » Assis près de lui, un jeune homme lui lance un regard. « Mais, de qui parlez-vous ? - Eh bien, de la famille Numéro, pardi ! » Esquissant un petit sourire, son voisin alors lui explique que « numéro » n’est pas le nom de ces gens mais un simple mot d’ordre, d’appel, de passage. « Quand même, les gens ne sont pas de numéros ! - Ici, hélas si ! » lui répond l’autre. Où donc se trouve Grok et comment est-il arrivé là ? Un peu plus tôt, déambulant de-ci, de-là, le vagabond s’était retrouvé, anonyme, pris dans une file qui, sans fin sans doute, s’étirait sur le trottoir. « Faites la queue comme tout le monde ! », lui avait-on dit tandis qu’il cherchait à traverser la foule. Curieux encore et s’imaginant trouver là quelque chose à découvrir, il rentra dans le rang. |

