Lettre ouverte à monsieur Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon
(1er juillet 1925)
Auteurs : M. Alexandre, L. Aragon, A. Artaud, J.-A. Boiffard, J.Bousquet, A. Breton, J. Carrive, R.Crevel, R. Desnos, P. Eluard, M. Ernst, T. Fraenkel, F. Gérard, E. de Haulleville, M. Leiris, G. Limbour, M. Lübeck, G. Malkine, A. Masson, M. Morise, M. Noll, B. Péret, G. Ribemont-Dessaignes, P. Soupault, D. Sunbeam, R. Tual, J. Viot, R. Vitrac
Interviewé dans un journal italien Paul Claudel, alors ambassadeur de France au Japon, traite le dadaïsme et le surréalisme de « pédérastiques », et de se présenter lui-même comme un patriote, se vantant d’avoir, pendant la guerre, trafiqué pour la France en Amérique du sud.
La réponse des surréalistes est évidemment provocatrice, ostentatoire, révolutionnaire ; ils y exercent leur sens de la dérision et de la mise en scène : à l’occasion d’un banquet en l’honneur de Saint-Pol Roux, cette lettre incendiaire et placée sous les assiettes, imprimée sur papier sang de bœuf. Sa lecture donne lieu à un joyeux chahut, puis à une bataille générale, pour se terminer au poste !
Les nombreux signataires clament leur attachement à quelques principes : la poésie est subversive et non conservatrice, déstabilisatrice et non honorifique, politique et internationaliste, et non esthétisante et patriotique « pour le compte d’une nation de porcs et de chiens. ».