Parution : 09/06/2007
ISBN : 978-2-9153-7841-2 400 pages 21 x 14,8 cm 23.00 euros |
Henry D. Thoreau
Essais
Traduction de Nicole Mallet.
Introduction de Michel Granger La publication du présent recueil d’essais, aux thématiques très diverses, met pour la première fois à la disposition du lecteur français du début du XXIe siècle la variété des intérêts de Thoreau. Elle donne à voir l’évolution de sa pensée, son déplacement entre nature et société. Il faut entendre sa passion pour la nature, son refus d’adopter un comportement moutonnier, accueillir le questionnement qui est au cœur de sa résistance : peut-on subordonner la liberté à des considérations économiques ? La loi de la majorité est-elle démocratique et souhaitable ? La loi rend-elle nécessairement juste ? L’individu seul peut-il favoriser l’avènement de la justice ? Comment ne jamais abandonner sa conscience ?
Américain dissident, Henry D. Thoreau (1817-1862) est un réfractaire qui se plaît à résister, à suivre son chemin absolu en dépit de tout. Par ses écrits, il met la force tonifiante de sa résistance au service de tous ceux qui veulent garder l’esprit en éveil et maintenir une position critique peut-être plus nécessaire que jamais à notre époque de contrôle soft de l’opinion par les divers moyens d’information ou les « produits culturels ».
« Je me plais à rêver d’un État qui pourrait enfin se permettre d’être juste envers tous les hommes et de traiter l’individu avec le respect dû à son prochain ; un État qui en vérité ne trouverait pas incompatible avec sa tranquillité l’existence de quelques-uns qui choisiraient de vivre en marge, sans se mêler de ses affaires ni se laisser séduire par lui, et qui rempliraient tous leurs devoirs de bons voisins et de bons citoyens. » Résistance au gouvernement civil « La lecture des livres d’histoire naturelle est en hiver une source de joie et de réconfort. Quand la neige recouvre le sol, je me plonge avec délices dans Audubon et je lis ses pages sur le magnolia, les îlots de Floride et leurs chaudes brises marines ; sur le râle d’eau, le peuplier des marais et les migrations du bruant de rizières ; la débâcle marquant la fin de l’hiver au Labrador, la fonte des neiges dans les divers bras du Missouri ; je dois un regain de santé à ces réminiscences d’une nature luxuriante. » Histoire naturelle du Massachusetts |
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Gilles Rof
Marseille l’Hebdo ,
janvier 2008
Ce qui est indéniable, c’est son engagement intégral, absolu, pour la nature. Ayant comme nul autre de ses contemporains abordé ce sujet, Thoreau sera l’initiateur d’un genre littéraire à part entière, qui fait encore florès aujourd’hui, celui du nature writing, et c’est en visionnaire qu’il appellera, dès le milieu du XIXe siècle, à la préservation et à la protection des sites menacés par l’homme. Soulignons d’emblée que l’ouvrage réalisé par les éditions marseillaises Le mot et le reste est d’une très belle facture, notamment au niveau de sa typographie, où élégance se conjugue avec clarté. Au-delà de ce pur attrait bibliophilique (qui rend hommage à l’amour que notre réfractaire portait aux livres), l’intérêt est de retrouver rassemblés les articles et interventions essentiels de Thoreau. Ce travail anthologique permet enfin au public francophone de parcourir l’évolution, ou plutôt les inflexions, de la pensée plurielle de Thoreau et de rencontrer un sage qui, au lendemain d’une nuit passée en prison parce qu’il avait refusé de payer ses impôts, n’avait d’urgence que d’aller cueillir des airelles. N’est-ce pas là une fréquentation hautement recommandable ? Frederic Saenen
Sitartmag ,
juillet 2007
Appelé «Réfractaire qui se plait à résister», «philosophe dans les bois» ou « père de la désobéissance civile », l’écrivain Henry D. Thoreau (1817–1862) vou-lait, selon le professeur d’anglais de l’Université Lyon 2 Michel Granger, « perturber ce qui ronronne, déstabiliser le prêt-à-penser ». Deux ouvrages qui viennent de paraître présentent cet auteur autrefois apprécié de Proust, Gide et Giono, trop peu connu aujourd’hui en France, mais que Sean Penn cite à plusieurs reprises dans son dernier film « Into the wild »: Thoreau est en effet le maître à penser du héros, ce jeune homme parti vivre en toute liberté et en pleine nature Rébellion contre les injustices « Comment un homme de nos jours doit-il se comporter à l’égard du gouvernement ainé-ricain ? Je réponds qu’il ne peut pas s’y associer sans se déshonorer », écrit notamment Thoreau dans son essai le plus révolutionnaire intitulé « Résistance au gouvernement civil ». Certes, on comprend plus loin que la principale raison d’un tel juge-ment tenait au fait que l’Amérique de l’époque était celle de l’esclavage. Mais on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il penserait et dirait du monde d’aujourd’hui. Surtout lorsqu’il écrit «Je me plais à rêver d’un État qui pourrait enfin se permettre d’être juste envers tous les hommes et de traiter l’individu avec le respect dû à son prochain; un État qui en vérité ne trouverait pas incompatible avec sa tranquillité l’existence de quelques-uns qui choisiraient de vivre en marge, sans se mêler de ses affaires ni se laisser séduire par lui. » À l’intérêt que suscite la lecture de cette rébellion contre les injustices, qui inspira Gandhi et Martin Luther King et d’une vision très contemporaine de l’environnement s’ajoute le plaisir de découvrir d’autres textes bien plus poétiques également repris dans cet ouvrage, ceux de l’observateur attentif et de l’amoureux des beautés de la nature. Annick Stevenson
Le Progrès
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