Parution : 21/11/2006
ISBN : 2-915378-33-9 550 pages 21 x 14,8 cm. 25.00 euros |
Maurice Dommanget
Histoire du Drapeau rouge
postface de Roland Breton
Selon Maurice Dommanget, l’histoire prolétarienne s’articule autour d’un diptyque, dont une première partie est développée dans l’_Histoire du Premier Mai_, ouvrage que nous avons réédité récemment. Dans l’Histoire du drapeau rouge, il analyse la symbolique de ce drapeau qui fut au départ, l’inverse d’un emblème séditieux : « Au début de la Révolution française, il était le drapeau de l’ordre porté à sa plus haute puissance puisque l’on ne le sortait que pour sauvegarder le pouvoir établi ». Ses recherches lui ont permis de nous donner à lire les évolutions de « cet étendard, non seulement de la subversion sociale mais de l’internationalisme ouvrier », qu’il a étudié jusqu’à la guerre de 1939–1945.
Maurice Dommanget, (1888-1976), instituteur, pédagogue, syndicaliste actif, a été également un chercheur dont il devient important d’exhumer et de réhabiliter les ouvrages qui sont la mémoire des luttes sociales, et de valider ses travaux de recherche historique.
Le drapeau des masses populaires Contrairement, donc, à ce que croyait pressentir Maurice Dommanget, le drapeau rouge ne s’est pas vraiment répandu au niveau des emblèmes nationaux. Ce qui n’avait, d’ailleurs, jamais été sa vocation ni la réponse à l’aspiration profonde des masses qui le brandissaient. Or l’histoire, à partir de 1917, avait, en fait, suscité une certaine ambiguïté entre une incontestable révolution sociale ayant mis fin à un régime capitaliste, comme à une guerre, et la construction d’un nouvel État, dans un seul pays. Tandis que dans les autres le capitalisme n’était pas sensiblement ébranlé et la guerre continuait encore une bonne année. À partir de ce moment, le drapeau rouge, tout en restant celui du socialisme universel, devenait, aussi, celui d’un État dit la République Soviétique Fédérative de Russie et de son armée dite « Rouge ». Ambiguïté qui, au long des décennies, devint de plus en plus équivoque dans la mesure où ce nouveau régime « rouge » donnait naissance à un totalitarisme policier profitant à une nouvelle classe dirigeante, la bureaucratie d’État, comme, par la suite, à un impérialisme visant à dominer les pays voisins. Ce qui ne prit fin qu’en 1989, quand cet État s’effondra et abandonna le drapeau rouge. Drapeau rouge qui redevint à nouveau un simple emblème idéologique commun uniquement à des mouvements populaires, et plus du tout à certaines institutions étatiques et militaires. Ce qui fait qu’aujourd’hui il reste partout, aux yeux des masses populaires, le symbole de la lutte des travailleurs, et l’emblème de tous les mouvements qui militent pour le socialisme ou le communisme, comme pour le syndicalisme et l’internationalisme. Car c’était bien-là la place universelle que lui reconnaissait Dommanget : représenter la volonté de libération et d’unité du genre humain. (Postface de Roland Breton) [...] Parmi les milliers d’enseignes et d’oriflammes multicolores en usage jusqu’à la Révolution, il est incontestable que six siècles durant, le drapeau rouge prévalut. Il suffit de rappeler que le drapeau des Gaulois était rouge, que l’oriflamme de Saint-Denis autour duquel se sont groupées tant de générations était rouge, que le drapeau de Charlemagne était rouge à ornements d’or, l’oriflamme de Philippe le Bel rouge à franges vertes, celui de Jean le Bon rouge à ornements d’or, que la bannière française pendant la guerre de Cent ans était rouge à croix blanche… |

