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À paraître
Le Candidat
Parution : 30/01/2007
ISBN : 978-2-9153-7833-9
112 pages
21 x 14,8 cm
14.00 euros
Gustave Flaubert
Le Candidat

Le candidat Rousselin est prêt à tout pour devenir député. Même à changer plusieurs fois d’étiquettes politiques et de partisans. Même à se laisser duper par les électeurs madrés de sa province. Même à promettre tout ce qu’on voudra. Même à intriguer pour ou contre les intrigants, c’est selon. Même à vendre sa fille et à tolérer l’inconduite de sa femme…

Cette pièce, écrite en 1873 et jouée à Paris en 1874 seulement durant quatre jours, dépasse le simple cadre d’une pochade ironique et circonscrite à un champ d’action qui serait l’élection d’un député du XIXe siècle, pour toucher à l’universelle condition de l’exercice de la politique. Cette « grande comédie politique » selon Flaubert est une parenthèse dans la rédaction de Bouvard et Pécuchet, débuté fin 1872, auquel il revient vite, le théâtre ne lui ayant apporté que peu de satisfaction et ne lui permettant pas de développer ses personnages, comme dans ses romans.
Dans la grande tradition des pièces du boulevard, il y a bien sur ici le mélange de scènes cocasses et mordantes, mais aussi une vision vertigineuse de la conquête du pouvoir, fût-il circonscrit à une députation. Flaubert a fréquenté des politiciens et connaît tous les détails d’un quotidien en usage dans la profession en pleine campagne électorale : poignées de main, promesses diverses, programme géré à vue, flatteries en tout genre, …
Rousselin est prêt à tout pour séduire ses électeurs, comme de promettre à tout va des achats de terrain, des emplois, des passe-droits, tout peut être objet de marchandage, y compris sa femme et sa fille.
Cette pièce de théâtre reste d’une permanente actualité, tant la persistance de ces actes, ambition et démagogie populiste ont existé et existent encore, dans toutes les sphères du pouvoir : le pouvoir corrompt, disait un président de la république récent, le pouvoir totalitaire corrompt absolument !
Non, les mœurs politiques douteuses qui avaient cours à cette époque n’ont pas disparu, au contraire ! Il faut lire ce livre comme une immersion dans la politique quotidienne en action, un documentaire qui échappe à son contexte historique, par un ethnologue attentif à l’universalité des travers de nombreux politiciens en campagne.

Un autre titre de Gustave Flaubert est également disponible sur ce site : Novembre paru aux éditions Cent pages en novembre 1999. (Cliquez ici pour le retrouver)

Scène IX
Rousselin, seul, regardant au fond

ROUSSELIN : Il aura le temps ! on a encore cinq minutes ! Dans cinq minutes le scrutin ferme, et alors ?...
Je ne rêve donc pas ! C’est bien vrai ! je pourrais le devenir ! Oh ! circuler dans les bureaux, se dire membre d’une commission, être choisi quelquefois comme rapporteur, ne parler toujours que budget, amendements, sous-amendements, et participer à un tas de choses… d’une conséquence infinie ! Et chaque matin, je verrai mon nom imprimé dans tous les journaux, même dans ceux dont je ne connais pas la langue !
Le jeu ! la chasse ! les femmes ! est-ce qu’on aime quelque chose comme ça ? Mais pour l’obtenir, je donnerais ma fortune, mon sang, tout ! Oui ! j’ai bien donné ma fille ! ma pauvre fille ! (Il pleure) J’ai des remords maintenant ; car je ne saurai jamais si Bouvigny a tenu parole. On ne signe pas les votes !
Quatre heures sonnent.
C’est fait ! On dépouille le scrutin ; ce sera vite fini ! À quoi vais-je m’occuper pendant ce temps-là ? Quelques intimes, quand ce ne serait que Murel qui est si actif, devraient être ici pour m’apprendre les premiers bulletins !
Oh ! les hommes ! dévouez-vous donc pour eux ! Si le pays ne me nomme pas… Eh bien, tant pis ! qu’il en trouve d’autres ! J’aurais fait mon devoir ! (Il trépigne) Mais arrivez donc ! arrivez donc ! Ils sont tous contre moi, les misérables ! C’est à en mourir ! Ma tête se prend, je n’y tiens plus ! J’ai envie de casser mes meubles !

Revue de presse
- Consulter NOVA BOOK BOX Richard GAITE RADIO NOVA, 25 novembre 2011
- Consulter François Busnel L'Express, avril 2007
- Consulter Odile Quirot Le nouvel Observateur , avril 2007
- Consulter Alain Nicolas L’Humanité, avril 2007
NOVA BOOK BOX

Jeudi 25 novembre, dans un Nova Book Box largement consacré au thème politique, entre autres extraits, Richard Gaitet a pris les habits (pardon la voix) du candidat Rousselin à la députation et nous a lu le très jouissif monologue de l’acte III, scène I.

Petit extrait :
“Je conserve mon air tranquille, et tout en enfonçant la main dans mon gilet… Si j’avais pris mon habit ? C’est plus commode pour le bras ! Une redingote vaut mieux, à cause de la simplicité. Cependant, le peuple, on a beau dire, aime la tenue, le luxe. Voyons ma cravatte ? (Il se regarde dans une petite glace à main qu’il tire de sa poche). (...) Et je continue jusqu’à une phrase, où je trouve le moyen d’introduire le mot “bourgeoisie”. Tout de suite, éloge de la bourgeoisie, le tiers état, les cahiers, 89, notre commerce, richesse nationale, développement du bien-être par l’ascension progressive des classes moyennes. Mais un ouvrier : “Eh bien ! et le peuple, qu’en faites-vous ?” Je pars : “Ah! le peuple, il est grand!”; et je le flagorne, je lui en fourre par-dessus les oreilles!”

Richard GAITE
RADIO NOVA, 25 novembre 2011
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Le Candidat est l’unique comédie politique de l’auteur de Madame Bovary. Une turlupinade écrite en quelques jours, afin de se distraire des scènes grandioses (mais épuisantes) de Bouvard et Pécuchet.
Si l’intrigue est confuse, la langue est somptueuse.
Cette farce où nos quémandeurs tentent d’attraper la gloire au moyen de la tricherie est d’une actualité brûlante.
François Busnel
L'Express, avril 2007
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Pour vous faire élire… votez Flaubert ! Cette comédie politique oubliée est rééditée à point nommé!
Odile Quirot
Le nouvel Observateur , avril 2007
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Ce qui nous retient à la lecture de cet inédit, ce n’est pas le cynisme sordide des protagonistes, ni le regard désabusé d’un auteur. C’est le discours politique à l’état brut qui se donne à lire. Comment une phrase se retourne, comment on passe insensiblement d’une thèse à son contraire, en en relativisant d’abord la portée, puis en introduisant une petite restriction, en s’appuyant enfin dessus pour transformer tout un argumentaire en son exact opposé. L’exposition de ces performances est le réel enjeu de ces retournements de situation effectués à la vitesse d’une girouette affolée. Mieux, théâtre dans le théâtre, c’est la véritable mise en scène de la représentation du pouvoir qui se donne à lire. (…) Lisez ce Flaubert oublié brûlant d’actualité.
Alain Nicolas
L’Humanité, avril 2007
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net