Le Mot et le reste Écrits
Ici et ailleurs
Parution : 15/09/2003
ISBN : 2-915378-03-7
40 pages
21 x 14,8 cm
8.00 euros
Raymond Federman
Ici et ailleurs
Édition bilingue français/anglais
Dans Ici et ailleurs, se développe un long poème dans une langue imagée telle que seul Federman sait l’écrire, alliant le drame le plus noir à la légèreté la plus aérienne.

Né en 1928 à Paris, Raymond Federman vit aujourd’hui à san Diego (Californie). Écrivain bilingue—romancier, poète, critique, traducteur, surfictioniste, critifictioniste, ancien parachutiste, golfeur fanatique, joueur de roulette, champion de natation, Federman est l’auteur de plus de deux douzaines de livres. Ses romans ont été traduits en 14 langues.

« Une fois pour toutes, Raymond Federman a décidé de rire, quatre fois par jour. C’est ce qu’il a trouvé de mieux pour ne pas “emmerder les gens”, comme il le dit, avec son histoire. Il était adolescent à Malakoff quand, en 1942, sa famille a été raflée par la Gestapo (la “j’ai ta peau”, écrit-il) et déportée. Il en a réchappé par miracle, s’est retrouvé seul à la fin de la guerre. Il avait 14 ans. Trois ans plus tard, il partait pour les États-Unis, avec une petite valise noire dans laquelle il y avait quelques habits, et “un trésor : la langue française”.
Il a appris l’américain avec l’argot des ouvriers d’une usine de Detroit, puis avec l’armée américaine, avec qui il a fait la guerre de Corée. Il avait 26 ans quand il est entré à l’université. Et là, il a lu “la langue de Shakespeare”. Après, il a écrit, est devenu un ami de Samuel Beckett, a vécu assez furieusement. Tout cela, on l’apprend à travers ses livres. » Brigitte Salino, Le Monde, 16/07/05

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« Et si nous devions mourir
Comme ça tout à coup en attendant
Avant que le moment ne vienne
Le désir gaspillé en mots
Les mains se touchant à peine
Et si nous devions mourir
Un beau matin au milieu d’un rêve
Un cauchemar inachevé
Laissant nos corps froids
Au bord d’un après-midi
Sans aucun avenir ni devenir
Oseraient-ils regarder nos yeux vides
Oseraient-ils murmurer
Parmi les pierres tombales
Inventer des raisons pour notre absence
Suivraient-ils notre mémoire
Tout en interrogeant le ciel
Leurs pieds dérangés
Par les feuilles mortes
Par un nuage cachant le soleil
S’embarrasseraient-ils de leurs ombrelles
Et que dire du vieux cheval
Qui nous traînerait vers notre place
Ayant chancelé toute ma vie
entre le tourment d’une superficielle fainéantise
et l’horreur
d’une action désintéressée
je me trouve finalement
dans une situation
où ne rien foutre
exclusivement
devient un acte
de la plus haute valeur
ce n’est pas la mort
qui nous effraie
c’est la peur
de la mort. »
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net