Parution : 20/08/2005
ISBN : 2-915378-15-0 72 pages 21 x 14,8 cm 13.00 euros |
Antoine Coron
Avant Apollinaire, vingt siècles de poèmes figurés
Ce livre interroge les rapports entre les mots et les images, des codex à l’imprimerie, jusqu’au début du XXe siècle, de Théocrite à Apollinaire. Ces créations, les poèmes figurés, Antoine Coron les replace dans leur continuité historique en les reliant, en expliquant le sens, ou tout au moins en éclaircissant celui-ci. Un choix iconographique issu du fonds de la Bibliothèque nationale de France illustre les propos de l’auteur sur les « couleurs du temps, sur la simplicité évidente d’un quotidien transfigure ».
Antoine Coron est né en 1948. Il vit et travaille à Paris où il est responsable du fonds rares et précieux à la Bibliothèque nationale de France. Lors de différentes expositions, il a dirigé la publications de catalogues importants tels que Des Livres rares depuis l’invention de l’imprimerie.
« À plus de trois siècles de distance, les poèmes figurés, ces expériences qui semblaient à l’auteur des Essais comme des préciosités vaines, prétextes à futile gloriole, Apollinaire, en poète inquiet de refonder son art dans la modernité, les défendit au contraire comme une "idéalisation de la poésie". Il en soulignait moins leur rupture avec les formes poétiques habituelles que la complémentarité de leur apport : "Dieu m’est témoin, écrit-il encore à André Billy, que j’ai voulu seulement ajouter de nouveaux domaines aux arts et aux lettres en général, sans méconnaître aucunement les mérites des chefs-d’œuvre véritables du passé et du présent".
Tout en jugeant compréhensible la vigueur avec laquelle les apollinariens défendent l’originalité formelle de Calligrammes, il semble donc relativement difficile de les suivre lorsque, pour conforter leur thèse d’une création ex nihilo (ou presque), ils en viennent à réduire à (presque) rien les créations du même ordre qui précédèrent celles de leur héros. Mon propos n’est pas d’ancrer Calligrammes dans une tradition occidentale, d’ailleurs épuisée au début du XXe siècle. Si manquent les preuves pour attester qu’Apollinaire s’en fût inspiré, il semble en revanche de plus en plus difficile d’imaginer qu’il l’ait complètement ignorée. J’espère, dans les pages qui suivent, donner une idée plus juste du nombre et de la variété des poèmes figurés qu’il aurait pu connaître. Ces créations, longtemps éparses, quelquefois nombreuses et plus concentrées, il est possible maintenant de les situer dans une continuité historique, d’en saisir le fil, d’en expliquer le sens ou de tenter du moins d’éclaircir celui-ci, tant cet art fut lié dès l’origine aux obscurités d’une poésie savante, énigmatique. Ce n’est pas le moindre mérite d’Apollinaire que d’en avoir ouvert les fenêtres sur les "couleurs du temps", sur la simplicité évidente d’un quotidien transfiguré. » |
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Antoine Coron nous offre là une véritable enquête sur les origines du calligramme, « un dessin qui est aussi une parole ». Sont donnés en illustrations tous les calligrammes anciens dont il parle et qu’il analyse. Un livre critique et stimulant. Terminale et supérieur Odile Bonneel
InterCDI n° 200,
mars/avril 2006
Jean-Louis Jouaunaud
Dazibao n°8,
mars 2006
Michel Décaudin, mort récemment, refusait, dans sa présentation des Calligrammes dans l’édition de la Pléiade, que l’on ?t remonter ces Idéogrammes aux poèmes ?gurés de l’Antiquité ou du XVIesiècle. Sa voie était autre celle de la disposition typographique des poètes hardis de la deuxième partie du XIXesiècle et le modèle que fournissaient les écritures idéographiques. Apollinaire n’était-il pas en quête d’un Art unique et n’avait-il pas donné comme titre à un recueil d’idéogrammes lyriques coloriés Et moi aussi, je suis peintre ! Antoine Coron, responsable de la Réserve des livres rares à la Bibliothèque nationale de France, a, par sa fonction et sa connaissance remarquable du fonds, fait l’histoire du « poème figuré ». Ce n’est pas celle de Décaudin. L’origine du Calligramme n’est pas à la Chine. Mais dans une tradition typographique occidentale. On voit ainsi dans ce petit livre, des figures parfaites comme la Hache Simias, constituée de deux blocs de six vers incurvés et de longueur inégale. Leur lecture est aussi complexe que le schéma imitatif est simple. L’Orgue à eau est monté sur une disposition à grille sans espace entre les mots, disposés en ordre croissant de lettres en vers de six pieds. Contraintes oulipiennes. Reproductions et descriptions. On apprend beaucoup dans ce petit livre. Avec plaisir. On peut dire, comme un chroniqueur de Paris-Midi de juillet 1914 : « Mais c’est vieux comme le monde, la machine de ce farceur d’Apollinaire » À quoi le farceur rétorqua : « dans ma poésie, je suis simplement revenu aux principes puisque l’idéogramme est le principe même de l’écriture ». Georges Raillard
La Quizaine littéraire,
16-31 janvier 2006
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