Parution : 28/08/2009
ISBN : 9782915378924 280 pages 14,8 x 21 cm 23.00 euros |
Ashley Kahn
Kind of blue le making of du chef-d’œuvre de Miles Davis
préface de Jimmy Cobb
traduction de Philippe Paringaux 1959 : Miles Davis forme le célèbre sextet – John Coltrane, Cannonball Adderley, Bill Evans, Wynton Kelly, Paul Chambers et Jimmy Cobb – pour donner, en deux prises seulement, son œuvre majeure. Kind of Blue reste l’album de jazz le plus vendu au monde. Exposition temporaire à la Cité de la Musique We want Miles à l’occasion des 50 ans de l’album Kind of blue : octobre 2009 – janvier 2010. Journaliste américain, Ashley Kahn vit à Fort Lee dans le New Jersey. Il enseigne à l’université de New York.
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Un livre retrace l'histoire de cette album phare
Suite 101
Arnaud Devillard
Site Suite 101,
février 2010
Miles à la page
(...) Mais aussi Ashley Kahn qui publie son making-of passionnant, à la méticulosité religieuse, de l’album Kind of Blue.
Arnaud Robert
So Jazz,
novembre 2009
Vous saurez tout sur le “making of” du légendaire “Kind of blue” de Miles Davis en lisant cet ouvrage de passion et d’érudition, écrit par Ashley Kahn, journaliste, enseignant à l’université de New York, qui a enquêté au cœur de la forteresse Columbia, peu prompte à lâcher ses secrets. “Kind of blue”, le disque cité dans toutes les anthologies et incontournable d’une discothèque jazz idéale, a eu cinquante ans cette année. La mélancolie, le mystère de cette musique, la réunion improbable de musiciens exceptionnels, voilà de quoi attirer dès la première écoute. L’album réunit en effet autour de Miles dans l’East 30th Street Studio de Columbia – une ancienne église à l’acoustique magnifique, aujourd’hui disparue – une “dream team” imparable : John Coltrane, Wynton Kelly, Bill Evans, Cannonball Adderley, Jimmy Cobb et Paul Chambers. Des sources inédites, des témoignages et anecdotes rares, de très nombreux entretiens, l’écoute des masters, rendent précieux ce travail qui traduit une réelle fascination pour cette œuvre singulière, mythique, voire mystique. C’est qu’il y a pour l’auteur, un naturel et un dépouillement implicites, un “effet d’élégance retenue” que les Japonais appellent “shibui”. Essayant de cerner les enjeux de cette musique, il en questionne aussi les frontières, les limites, le sens. D’où vient le titre de l’album ? Fut-il un impromptu non répété ? Miles est-il vraiment l’auteur des titres ? Quelle est la réelle contribution de Bill Evans qui en rédigea les notes de pochette ?* “Kind of blue” est il l’emblématique bande sonore du New York des années 50 ? A-t-il changé véritablement le jazz et en quoi ? Dès sa préface, Jimmy Cobb, seul survivant du groupe, qui n’est jamais photographié pendant les deux séances (2 mars et 22 avril 1959), souligne l’intérêt majeur de l’œuvre, “différente de tout ce que Miles avait joué auparavant. Il entrait dans le truc modal”. Le livre suit ensuite “un chemin télescopique inversé” : il présente d’abord l’itinéraire de Miles à New York et la “naissance du son” de 1949 à 1955, la création du quintette, du sextet et l’émergence du jazz modal. Puis, les deux chapitres suivants plongent dans la création de l’album. Cela devient véritablement excitant de suivre cet enregistrement en direct, assistant au “film” des deux séances, prise après prise. Au cœur de la fabrique du disque, avec les photos prises sur le vif et la retranscription des discussions au cours de l’enregistrement (chaque prise avec ses faux départs ou non, les relations avec le producteur, le preneur de son…). Puis le récit “repart de l’avant pour pister l’influence de l’album” avec les deux derniers chapitres (“Vendre Blue”, “Le legs de Blue”) qui essaient de comprendre et d’expliquer comment “Kind of blue” – disque de jazz le plus vendu à ce jour – a pu devenir l’objet d’un culte inégalé. Des interludes au nombre de trois, qui précisent le contexte, se glissent dans le cours du récit : le rôle de Columbia à l’époque, le son au studio de la 30ème rue, et Freddie Freeloader, inspirateur du blues éponyme. La postface continue son travail d’investigation, en livrant ces “réflexions après coup” que l’auteur ne demanderait qu’à prolonger, tant il ne peut se déprendre de cette œuvre. Une conclusion provisoire sur l’état de sa recherche, jamais achevée, sans cesse à reprendre. Ce livre passionnant est paru dans l’excellente collection Formes chez Le Mot et le Reste. L’un des mérites et non des moindres de la maison d’édition marseillaise est de parler avec enthousiasme et sans préjugés des musiques et de décloisonner avec bonne humeur les genres.
Sophie Chambon
Sefronia,
18 novembre 2009
Un ouvrage fourmillant de détails, particulièrement recommandé aux musiciens, et un « guide d’écoute » dont l’ambition est de démontrer « qu’il y a plus encore dans ces quarante cinq minutes de jazz immense que ne le perçoit l’oreille. » Laure Narlian
RFO
Rendez-vous au club
Bien sûr que vous pouvez sortir en club cette semaine, aller voir tous les concerts que vous voulez. Mais si jamais vous restez à la maison, vous pouvez vous plonger dans le magnifique livre Kind Of Blue – le making of du chef-d’oeuvre de Miles Davis. Ecrit par le journaliste américain Ashley Kahn, préfacé par le batteur du disque Jimmy Cobb et traduit par Philippe Paringaux, il vous fera vivre les deux jours d’enregistrement de ce disque mythique par le magnifique sextet formé autour de Miles Davis (John Coltrane au ténor, Cannonball Adderley à l’alto, Bill Evans et Wynton Kelly au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie). S’appuyant sur une recherche méticuleuse et un récit enlevé, l’auteur retrace le parcours de Miles Davis du bebop au jazz modal et suit les évolutions de l’album depuis ses débuts jusqu’à son aboutissement d’objet culte. Très largement documenté – transcription de hors-prises, découvertes extraites de la forteresse Columbia, nouvelles interviews de musiciens, photos inédites – l’ouvrage s’adresse à tous les amateurs de Miles Davis. Julien Delli Fiori
France Inter / Ascenseur pour le jazz,
octobre 2009
Miles Davis exposé aussi en librairie
La Cité de la musique organise une exposition unique sur le jazzman. De nombreuses publications prolongent l’hommage. Vincy Thomas
Livreshebdo.fr,
octobre 2009
(...) et le très fouillé making-of de Kind of Blue d’Ashley KAHN qui sort chez “Le Mot et le Reste”, vous saurez tout et plus encore sur le parcours de Miles DAVIS du bebop au jazz modal, et les évolutions de l’album. Si vous souhaitez écouter cette émission (jusqu’au 10 novembre) Antoine Guillot
France Musique / Le jazz dans la peau,
octobre 2009
« Dans l’église du jazz, Kind of Blue est une des reliques sacrées. » Laure Narlian
culture.france2.fr,
octobre 2009
Cet automne encore Le Mot et le Reste s’impose comme le meilleur éditeur de toutes les musiques. Loin des titres racoleurs qui déboulent pour Noël (mais on va pas bouder tout ça, on est bon public), cet éditeur creuse son sillon et développe un catalogue passionnant et passionné. Premier opus de la rentrée, et pas des moindres : Pourquoi faire un livre sur un album (???) de Miles Davis? Pourquoi celui-là et pas In a silent way, dix ans plus tard (par ex, puisque c’est mon premier émoi en jazz)? Stéphane (Libraire)
Le Blog seren.dipity,
octobre 2009
La fabrication de Kind of Blue
Pas loin de dix ans que j’attendais ça : la traduction du merveilleux livre d’Ashley Kahn Kind of Blue Le making of du chef-d’œuvre de Miles Davis, sur la création, la fabrication, l’invention de Kind of Blue, les origines de ce chef-d’œuvre, et sa postérité. J’avais eu la chance de le lire en anglais, et, mis en contact par une amie (qui avait travaillé avec lui sur des documents d’archives à l’INA, alors qu’il préparait son livre suivant et son édition en CD collector de Love Supreme de Coltrane), nous avions même réalisé un entretien par téléphone pour la revue Le Trait. J’étais tellement enthousiasmé par ce livre que je voulais le partager avec mes amis et clients : c’est maintenant possible. Disque hors norme par un artiste qui ne l’était pas moins : aujourd’hui encore, cinquante ans plus tard, le disque de Miles est le best-seller du jazz. Abondamment illustré, magnifiquement mis en page, ce livre vous permettra de tout savoir sur le parcours de Miles avant l’enregistrement (dans une ancienne église reconvertie en studio pour Columbia), de ses débuts à Saint Louis, en passant par le be-bop avec Charlie Parker et Dizzie Gillespie, l’invention du Cool, l’apprentissage du modal, l’apport immense de Bill Evans, ce pianiste subtil, abstrait et cultivé, ou cet autre Evans, Gil, Canadien, arrangeur de génie qui compta tant dans la carrière de Miles. Vous saurez tout sur les deux séances d’enregistrement, pourquoi Winton Kelly joue le piano sur Freddy Freeloader, qui était ce Freddy, combien les musiciens furent payés, et les moindres propos échangés pendant les prises. L’album de Miles, qui est souvent le seul disque de jazz que possèdent les non-initiés au jazz tant il est universel, fut et demeure un événement majeur de la culture musicale occidental. Ce livre est une clé essentielle pour en savoir davantage et découvrir le reste… Même s’il faut imposer parfois, à votre conjoint ou conjointe, une séance d’écoute de “Blue in Green”, vers trois heures du matin, ou la reprise de “Flamenco Sketches”... Que vous réécouterez autrement, encore… Le Blog de la librairie L’Arbre à lettres Olivier (libraire)
Le Blog de la librairie L'Arbre à lettres,
octobre 2009
Parution en français de l’ouvrage d’Ashley Kahn (journaliste, enseignant à l’université de New York) publié en 2001 aux États-Unis. Belle initiative – et justifiée – que d’en publier la traduction (par Philippe Paringaux) à l’occasion du cinquantenaire de cet enregistrement historique (c’est le disque de jazz le plus vendu à ce jour). Dans un style clair, net et précis sans être précieux, en s’appuyant sur une recherche méticuleuse l’auteur nous embarque dans cette aventure en prenant soin de nous informer avant tout sur « La naissance du son : Miles 1949 – 1955 » (Chapitre Premier) puis sur « Le quintet, le sextet et l’émergence du jazz modal » (Chapitre 2) avant d’en arriver aux séances du 2 mars et du 22 avril ; suivent « Vendre Blue » et « Le legs de Blue » ainsi qu’une biographie, une discographie et des notes diverses. N’oublions pas la préface du batteur Jimmy Cobb, seul survivant du groupe à ce jour. Nous disposons à présent de toute l’histoire de ces deux séances, – prises, faux départs, relations avec le producteur et le preneur de son, discussions, comportements des musiciens (sans compter leurs relations entre eux), les blagues, rires, remarques… bref, les mille détails qui ont si grande importance, sans oublier les problèmes techniques et les découvertes extraites de la forteresse Columbia, le tout ponctué de photos en noir et blanc et de deux interludes : Le studio de la 30e Rue, et « Freddie Freeloader » (Fred Tolbert, personnage inspirateur du blues qui porte son nom). On prétend parfois qu’un disque et/ou un livre sont indispensables… alors que bien souvent, ils sont vite oubliés. Mais ce disque et ce livre ne sont pas près d’être oubliés ; c’est dire qu’ils sont réellement indispensables. NB : Dans la même édition/collection, tout aussi recommandables sont le Weather Report de Christophe Delbrouck et Eric Dolphy de Guillaume Belhomme. Jacques Chesnel
citizenjazz.com
ça va jazzer
Autre production de journaliste, Kind of Blue, de l’Américain Ashley Kahn, sur le Making of du chef d’œuvre de Miles Davis, le disque le plus vendu de l’histoire du Jazz. Amplement documenté, la somme place le lecteur dans la séance d’enregistrement, dans les couloirs du studio, derrière les techniciens. Kahn a rencontré les derniers témoins, a dérangé les étagères du label (Columbia). On dirait une thèse. Mais la thèse se dévore de bout en bout. Je ne me rendais pas compte à quel point le pianiste Bill Evans avait joué un rôle cardinal dans la genèse de ce monument. Bruno Pfeiffer
Libération.fr,
8 octobre 2009
Écrire un livre entier sur la genèse d’un seul disque peut paraître une gageüre. S’agissant du Kind of blue de Miles Davis, on se surprend à être intéressé. Sorti au États Unis en 2000, il a fait l’objet d’une postface de l’auteur en 2007. De fait, dans cet ouvrage foisonnant d’informations, Ashley Kahn explore au préalable les années 1949–1955 puis l’émergence du jazz modal avec le quintet et le sextet qui atteindront la célébrité que l’on sait. Méticuleux sur le parcours de Miles, il retrace sans trémolos la montée en puissance du trompettiste, le passage à vide consécutif à son addiction à l’héroine et la reconstruction qui s’opère ensuite pour aboutir à Kind of blue. C’est à la page 103 que l’on accède enfin au moment décisif : la première session d’enregistrement du 2 mars 1959. Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que le journaliste américain a eu accès à toutes les archives des deux sessions d’enregistrement. Il a pu notamment écouter les bandes dans leur intégralité. La transcription qu’il en fait est saisissante. Amorces de dialogue entre les musiciens, bruits parasites dans le studio mythique de la 30ème rue, échanges avec l’ingénieur du son, ce sont autant d’éléments qui nous immergent, grâce au récit talentueux d’Ashley Kahn, dans le studio, il y a de cela cinquante ans. Tout semble assez simple. La séance dure six heures (la deuxième séance du 22 avril 1959 ne durera que trois heures) et très peu de prises sont réalisées… Permettez-moi de taire la suite. Sachez cependant qu’après les sessions, Ashley Kahn oriente son propos sur la manière de vendre le disque mise au point par la Columbia et achève son ouvrage sur les apports musicaux du disque aux décennies suivantes. Avec ce livre, Ashley Kahn a indubitablement réussi un tour de force. Sa précision clinique, ses explorations pointilleuses, ne sont jamais un handicap à la lecture. Le continuum de l’action leur doit même beaucoup. Passionné de bout en bout, on a interrompu la lecture que pour mettre un disque en parcourant le compte-rendu des sessions. Je ne vous dis pas lequel. Yves Dorison
Culture jazz,
octobre 2009
Le voici donc enfin traduit en français, ce fameux making of de Kind of Blue transformé depuis une bonne dizaine d’années en ouvrage de référence pour tous les fans de Miles Davis… Il est vrai que l’auteur du livre, Ashley Kahn, a bénéficié d’un privilège inouï en ayant accès aux fameuses band master des deux célèbres séances de l’an 59… Et là, première surprise : le journaliste se rend compte que contrairement à la légende, le disque n’a jamais fait l’objet d’une seule prise ininterrompue pour chaque titre… C’est vrai qu’à l’exception du morceau espagnol, “Flamenco Sketches “, on n’y trouve guère de prises alternatives. Il y eut, en revanche, lors de ces deux séances, des faux départs, quelques fausses notes aussi, et même une fin de morceau, “Freddie Freeloader ” en l’occurrence, qui fut rejouée par le sextet et qui aurait pu être gravée pour l’éternité si Miles n’avait pas finalement préféré la version originale. C’est ce “work in progress ” qui se dévoile au lecteur. On y retrouve évidemment un Miles Davis très économe en indications, et même temps très cool avec ses musiciens, notamment avec Paul Chambers dont la contrebasse avait parfois tendance à s’ embroussailler dans les buissons ardents du nouveau jazz modal… Autre moment savoureux, lorsqu’à la fin d’un morceau, Miles, apparemment très satisfait de lui, se met à chambrer Irving Townsend, co-producteur du disque avec Teo Macero… “C‘est nul, Irving…“, ironise Miles… Et Townsend qui rétorque: “Ne te bile pas pour ça “… Ce making of fourmille encore de plein d’autres moments forts… Les silences et la concentration de Coltrane, la méfiance de Cannonball Adderley face aux sortilèges d’un Bill Evans soupçonné de ne pas assez accompagner la section rythmique, ou encore le coup de sang de Wynton Kelly, crédité du seul “Freddie Freeloader “, et qui manque de tomber par terre lorsque débarquant au studio, il voit un autre pianiste à sa place. On trouvera aussi un chapitre mémorable sur le marketing mis en place pour vendre le disque, sachant que Miles Davis n’était plus trop présent à ce moment là, ce qui devait amener ce pauvre Teo Macero à imiter la voix du trompettiste sur une bande magnétique lors d’un séminaire réunissant les commerciaux de Columbia. On l’aura compris : Ashley Kahn est un enquêteur hors-pair. Mais on adore également sa sensibilité et sa façon à lui de signifier que Kind of Blue n’a pas été une bombe au moment de sa sortie et que c’est finalement de manière très sereine, très douce, comme dans le disque, que le jazz a ouvert, il y a 50 ans, au printemps 1959, une nouvelle page de son histoire… Bill Evans le disait déjà à sa manière, dans le seul paragraphe de ses fameuses notes de pochette à ne pas avoir été utilisé: “Peut-être que ceux qui savent écouter, écrivait-il, trouveront dans ce disque quelque chose qui va au-delà de la contemplation “… le blog de Laurent Sapir Laurent Sapir
tsfjazz.com,
septembre 2009
Kind of Blue … On pourrait croire que tout a été dit sur le chef-d’œuvre de Miles Davis, qui demeure toujours considéré, soixante ans après sa création, comme LE disque de jazz incontournable. Et pourtant, hormis quelques on-dits et rumeurs plus ou moins invérifiables, que savait-on vraiment sur ces légendaires séances du printemps 1959 ? Finalement pas grand-chose. C’est là qu’intervient le livre d’Ashley Kahn qui, publié dès 2001, trouve enfin sa traduction française grâce aux éditions Le mot et le reste. Fort d’un travail de recherche approfondi reposant sur des sources de première main souvent inédites (notamment l’intégralité des bandes master), cet ouvrage vous dira tout, tout, tout ce que vous avez toujours voulu savoir cet album culte. On y trouve une foule de détails et d’anecdotes qui n’intéresseront guère que les jazzomaniaques que nous sommes (Vous le saviez vous, que Cannonball Adderley mettait du substitut de sucre dans son café ?), mais aussi beaucoup d’informations vraiment essentielles. Ainsi, on apprendra que contrairement à une légende tenace, aucun des morceaux n’a vraiment été enregistré en une seule prise. Après une sympathique préface de Jimmy Cobb (le seul survivant parmi les musiciens), Ashley Kahn adopte un plan chronologique simple et efficace. Les bons connaisseurs de la biographie de Miles pourront sauter sans trop de dommage les deux premiers chapitres retraçant la carrière du trompettiste à partir de 1949, pour se jeter à corps perdu dans le récit détaillé des séances du 2 mars et du 22 avril 1959. L’ordre d’enregistrement des morceaux (Freddy Freeloader en premier, Blue In Green pour finir), les différentes prises, les rapports entre les musiciens (mais pourquoi diable Wynton Kelly ne joue-t-il que sur un titre ?), mais aussi les événements ayant marqué les six semaines séparant les deux dates, rien n’est omis. L’auteur n’élude pas non plus l’épineuse question de la paternité des compositions, en faisant la part entre les apports de Bill Evans et de Miles (sans oublier Gil Evans, qui a peut-être écrit le prélude de So What). La dernière partie du livre explore le destin de l’album (avec des passages très intéressants sur les techniques de marketing en œuvre dans l’industrie du disque des années 50), et surtout sa postérité. Ashley Kahn y donne la parole à nombre de musiciens prestigieux (Herbie Hancock, Gary Burton, Brad Mehldau…) et défend avec brio une série de thèses plutôt iconoclastes. On retiendra notamment que : 1. « Kind of Blue n’a déclenché aucune révolution musicale » dans le jazz ; et 2. que le funk endiablé de James Brown découle tout droit de cet album pourtant si serein et contemplatif. Bref, un livre enrichissant à tout point de vue. Pascal Rozat
Les Dernières Nouvelles du Jazz,
septembre 2009
L’ère des commémorations imposait récemment que l’on fête les 50 ans de Kind of Blue, « chef d’œuvre de Miles Davis », dit le sous-titre du livre d’Ashley Kahn. Par « fêter », entendre se ruer sur la dernière réédition en date et mettre un peu encore de sa poche dans un ouvrage dont la lecture accompagnera la réécoute. Kind of Blue : disque de jazz le plus vendu / Miles Davis : musicien de jazz le plus vendeur, voire commerçant. Impossible, alors, de passer à côté du phénomène, même réchauffé. Profitant de l’occasion, la traduction du travail du journaliste Ashley Kahn, aujourd’hui éditée par Le mot et le reste, n’en est pas moins convaincante. S’il porte beaucoup sur Davis – histoires du trompettiste et de sa formation racontées encore – quand la valeur de Kind of Blue vient avant tout de l’acuité de chacun de ses concepteurs et intervenants (auxquels ajouter aussi George Russell et Gil Evans), l’ouvrage gagne son statut annoncé de « making-of » avec un certain brio : parce qu’il s’en tient aux faits autant qu’à une suite de témoignages inédits ; bien sûr, ne fait pas de vagues, mais se permet quand même d’aborder le sujet de la transformation d’un disque de musique en « pur » produit de commerce. Dans sa forme, l’ouvrage se montre aussi amène : disposant des chapitres consacrés à quelques détails en constellations autour de la trame principale, décomposant chacune des pièces de l’enregistrement et faisant de même pour leurs prises, retranscrivant quelques dialogues consignés sur bandes archivées ou illustrant le propos à coups de photos fondamentales. Bref : Kind of Blue jusqu’à l’obsession – qui trouve de l’intérêt jusque dans les photos des boîtes contenant le master ou le registre des bandes – le temps de la lecture d’un livre incontournable pour qui aura décidé de revenir à Kind of Blue. Guillaume Belhomme
lesondugrisli.com,
septembre 2009
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