Parution : 29/05/2009
ISBN : 978-2-9153-7883-2 408 pages 14,8 x 21 cm 24.00 euros
Épuisé
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Guillaume Kosmicki
Musiques électroniques
Des avant-gardes aux dance floors
L’histoire de la musique du XXe siècle est profondément marquée par l’apport de l’électronique. Cette aventure, d’abord technologique, a commencé dès le début du siècle avec le développement de l’enregistrement et l’apparition des premiers instruments de synthèse sonore. Mais c’est dans les années cinquante qu’un élan impulsé par des musiciens savants consacre la naissance des premiers styles purement électroniques. De manière plus ou moins directe, ces avant-gardes ont influencé l’apparition de nombreux genres musicaux populaires comme le dub, le hip-hop, l’electro, puis la house et la techno. La technologie a servi de fil conducteur à toutes ces expériences, tout comme l’intérêt primordial pour le son. Depuis les premiers essais de John Cage avec des tourne-disques joués en direct en 1939, le phénomène du Disc-Jockey a pris une ampleur considérable pour le consacrer comme véritable créateur depuis les sound-systems jamaïquains jusqu’au développement des night-clubs de New York, Chicago, Detroit puis d’Europe. Le mouvement techno, au travers des raves et surtout des free parties, s’est révélé être une véritable contre-culture. Pour compléter cette approche historique, l’auteur propose une sélection anthologique de compact discs. Livre en cours de réimpression – disponible le 21 octobre 2010 Né en 1974, Guillaume Kosmicki, musicologue, est enseignant-conférencier, spécialiste du phénomène techno à travers les raves et les free parties. Il est également musicien sous le nom de Tournesol et participe au collectif Öko System. |
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L'Objet sonore
De la fin du XIXe siècle (premiers sons gravés) au milieu du suivant (essor de l’informatique), les avancées technologiques ont révolutionné notre art de l’écoute. Les musiques électroniques voient en effet le jour, que Guillaume Kosmicki définit comme « reposant sur des sons d’origine acoustique ou de synthèse sonore, traités (réverbération, filtrage, transposition, etc.) puis enregistrés sous forme d’un signal analogique ou numérique (ou enregistrés puis traités), et destinés à être amplifiés puis retransmis par le biais de haut-parleurs ». L’auteur suit les étapes d’une aventure d’abord liées aux sciences. L’une des premières est le brevet du Phonographe déposé en 1878 par Thomas Edison – pour qui la conservation de la musique n’est pas une priorité. Moins de dix ans plus tard, le Gramophone d’Émile Berliner rejette le cylindre au profit du disque. Puis apparaissent le premier instrument électrique (autour de 1905), l’enregistrement avec micro – dont certains chanteurs de variété sauront tirer partie –, le support magnétique puis numérique. Toutes ces découvertes permettent désormais artifices (trucage d’une voix lyrique, résonnance d’une cloche dépourvue d’attaque, invention ircamienne d’un gong d’un kilomètre de diamètre, etc.) et créations. Après la conquête du timbre et de la dissonance par les romantiques, les compositeurs vont fouiller plus avant la matière sonore, que se soit Varèse avec le Theremin Vox, Cage avec deux tourne-disques, Stockhausen avec un hélicoptère, etc. Entamées sur les dissensions musique concret / elektonische musik, les années cinquante permettent à la musique populaire de conquérir l’électro-acoustique. La seconde partie du livre évoque ces courants aux différences de plus en plus subtiles – jazz fusion, krautrock, gansta rap, cold wave, acid house, downtempo, dubstep, etc. –, intégrant guitares saturées, scratches et synthés. Ici comme souvent, économie et sociologie éclairent les émergences artistiques. Félicitons l’auteur (spécialiste du phénomène techno et de sesfree parties qui dérangent…) pour cette traversée passionnante et lucide d’un siècle qu’enrichissent aussi bien Reich et Ligeti que stars de la Motown et DJ de Jamaïque. La formule est souvent galvaudée, mais pour qui souhaite un panorama exhaustif des avant-gardes aux dance floors, richement illustré, son ouvrage est indispensable. Laurent Bergnach
ANACLASE
BULLES NOIRES
Dans son émission du 15 octobre, Stéphane recevait Guillaume Kosmicki pour parler d’Hakim Bey, de raves et de musiques électroniques. Lien permanent pour réécouter l’émission Stéphane Allégret
RADIO LIBERTAIRE,
15 octobre 2011
L'ATELIER DU SON
Dans la deuxième partie de l’émission, le musicologue Guillaume Kosmicki revient sur les Sermons radiophoniques d’Hakim Bey, qui paraissent aux éditions Le Mot et le Reste et dont il signe l’introduction. Hakim Bey, théoricien américain, inventeur du concept de “Zones d’autonomes temporaires”, explique ici “l’immédiatisme”, ou l’art comme jeu quotidien. Guillaume Kosmicki explique en quoi la parole d’Hakim Bey entre en écho avec les free parties et la musique électronique. L’Atelier du son THOMAS BAUMGARTNER
FRANCE CULTURE,
16 septembre 2011
LES SERMONS RADIOPHONIQUES DE HAKIM BEY ENFIN TRADUITS
Les éditions Le Mot et le Reste publient dans leur collection Attitudes, les textes d’un esprit libre : Hakim Bey. L’auteur du fameux traité T.A.Z (ou Z.A.T. En français pour ” Zones d’Autonomie Temporaire ”) de 1991, qui inspira toute une frange de la contre-culture des années 90 (et en particulier le mouvement techno free-party de la même époque). Et c’est avec plaisir, et il faut bien le dire, soulagement en ces temps troublés, que nous retrouvons ici ses sermons originalement composés pour l’émission de radio M.O.R.C. (The Moorish Orthodox Radio Crusade Collective) sur WBAI-FM Pacific à New York. Ces ” sermons ” (The Radio Sermonette en V.O.) se composent de onze essais, ou manifestes, visant à exposer la pensée totalement singulière d’un des plus mystérieux personnage de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème, Hakim Bey, pseudonyme connu de Peter Lamborn Wilson. Un penseur d’obédience anarchiste adhérant à l’idée “d’anarchisme ontologique”, qui explore depuis plus de 15 ans les zones inconnues ou – fort heureusement pour certaines – ignorées, de notre culture et de notre histoire. Exhumant souvent ainsi des trésors de possibilités cachées nous permettant de décompresser ou d’en finir, au moins “temporairement”, le temps d’une soirée, d’une fête, d’un festival, d’une performance, ou d’une émission de radio par exemple, avec la pression et l’aliénation que nous impose l’actuelle civilisation. On trouvera parmi ces Sermons Radiophoniques, un traité de l’imédiatisme qui cherche à séparer l’art du capital et d’en finir avec l’aliénation des artistes – et des travailleurs culturels – envers l’économie. Un texte passionnant sur l’histoire des Tongs, cette confrérie “occulte” (dans le sens de secrète et invisible) née en chine (et qui rappellera à certains son fabuleux livre sur les Utopies Pirates). Sont aussi présentés, un essai intitulé Imédiatisme VS capitalisme dont le titre parle de lui-même après la lecture du premier traité, ainsi qu’“Involution”, “Imagination” ou “Vernissage”. Certains, fameux sur le net (les textes d’Hakim Bey sont anticopyrightés, ils sont donc librement piratés et diffusés dans leur langue d’origine, comme ce fut le cas pour “Un Potlatch Imédiatiste”), ont déjà fait parler beaucoup d’eux et ont été lu dans le monde entier dans leur langue originale. C’est pourquoi il faut insister sur le fait que l’éditeur les présente ici sous une traduction inédite – et excellente – de Fleur Ramette, accompagnée de nombreuses annotations permettant au lecteur français de mieux comprendre les nombreuses références soulevés par Hakim Bey. L’ensemble est aussi complété d’une très bonne introduction synthétique de Guillaume Kosmicki, également auteur de la somme sur les Musiques Electroniques chez le même éditeur. Les Sermons Radiophoniques paraîtront le 18 août aux éditions Le Mot et le reste. MAXENCE GRUGIER
FLUCTUAT,
12 août 2011
Entretien avec Guillaume Kosmicki
*Agents d’entretiens, le portail d’interviews pour balayer les idées reçues, a interrogé Guillaume Kosmicki. Enseignant et conférencier, Guillaume Kosmicki est un spécialiste des musiques électroniques, dont les deux ouvrages parus sur la question (Musiques électroniques – Des avant-gardes aux dance floors et Free parties – Une histoire, des histoires) font figure de références pour tous les aficionados de ce courant musical si intimement lié à la fête. De la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas que l’enseignant franchit volontiers en troquant sa tenue de conférencier pour celle de DJ Tournesol, son pseudo une fois la nuit tombée. En cette période estivale qui voit fleurir comme des champignons magiques les plus gros festivals de musiques électroniques, il était donc de rigueur de faire un tour d’horizon sur la techno d’hier, d’aujourd’hui et de demain, afin de mieux comprendre l’engouement exponentiel pour ce mouvement qui se veut d’abord libertaire. En piste ! À quelle période les premières musiques dites électroniques sont-elles apparues ? Pour consulter l’intégralité des échanges avec Guillaume K. sur les musiques électroniques et les free parties : Agents d'entretiens,
mai 2011
La Clef des sons
Voici une série de trois émissions où l’on met l’ouvrage de Guillaume Kosmicki en confrontation avec des morceaux issus de l’Anthology of Noise & Electronic Music en 6 volumes parue sur le label belge Sub Rosa… A écouter absolument ! émission 1 Jet FM,
février et mars 2011
Essai en février : travellers, raves et free parties
Un musicien free universitaire… Musicologue, conférencier et universitaire, Guillaume Kosmicki est aussi musicien. Membre du collectif öko system, groupe punk/electronique marseillais, il a également participé de près à la scène des free parties et des teknivals. Il continue d’ailleurs de se produire sous le nom de Tournesol dans des événements alternatifs, des free parties ou des squats, dans un registre moins hardtek/hardcore qu’à ses débuts mais plus techno acid et dancefloor. On a lu qu’il avait fait ses études de 2ème et 3ème cycle en courant « les raves, les free parties et les teknivals équipé d’un appareil photo, d’un carnet de notes et d’un magnétophone pour recueillir des témoignages » … On a donc été que peu étonné en voyant le titre de son nouvel ouvrage, paru lui aussi chez Le Mot et le Reste, éditeur, qui comme Allia, propose désormais une collection impressionnante d’ouvrages musicaux de qualité. La free party appréhendée à travers les témoignages Free party mur Ces témoignages recueillis, Guillaume Kosmicki a ensuite décidé de les découper, de les réorganiser autour de thèmes, évènements, histoires d’un sound-system particulier : le teknival de Millau, le label Kanyar, les premières expériences de rave, le collectif des teknocrates, le chill out, la scission rave/free party, les drogues, la musique jouée… etc. Chaque sous-chapitre est ainsi raconté par diverses voix qui défendent parfois des avis différents. La partie sur les raves vs free parties donne ainsi à entendre la voix de la Tribu des Pingouins à l’origine d’une des plus grosses raves (entendez payante) du sud de la France, Borealis, celles des teufeurs qui passent des free (entendez sur donation) aux raves sans distinction, d’autres qui pestent quand le public de ravers débarque dans les free… Et la force du livre est de ne pas hiérarchiser ces différents témoignages mais de leur laisser à tous une place équivalente « à l’image de l’utopie de la free party » ainsi que le suggère la quatrième de couverture. NO SACEM INSIDE Et comme l’histoire des free est aussi une histoire musicale, Guillaume Kosmicki a choisi de glisser un disque à la fin de son ouvrage afin de donner un aperçu sonore des différents musiciens, des divers styles et des différentes époques de la free party. On notera que le disque, en accord avec les principes des acteurs de la free party, ne contient que des morceaux non déclarés à la SACEM. Des histoires individuelles Free habiter-le-nomadisme-exemple-habitat-mobile-travellers-mouvement-techno3Dans la dernière partie du livre, Et après, on retrouve nos travellers, ravers et free parteux à un moment différent de leurs existences : désillusion pour certains, mais surtout activisme encore pour la plupart d’entre eux. Même si les actions ont souvent changé. D’aucuns montent des sound-systems sédentaires, d’autres quittent l’Europe et partent avec leurs camions sur d’autres continents, d’autres encore s’inscrivent dans un mouvement plus général de squat artistique (voir l’excellent chapitre sur « La Villa » rennaise et L‘élaboratoire). Les Rennais y découvriront aussi le parcours d’un disquaire aux oreilles sans angle mort, ou celui de sound-systems bretons nés après « la loi » (2001, l’amendement Mariani impose aux organisateurs des free parties une déclaration préalable en préfecture sous peine de saisie de matériel) mais qui existent et alternent fêtes légales et illégales. Pourtant, note Guillaume Kosmicky, « si diverses soient-elles, bien des voies choisies par les acteurs de la free au sortir de cette période de leur vie sont pour eux une suite logique de leur investissement et (…) ils y retrouvent les valeurs auxquelles ils ont adhéré » . On suit ces voies et ces parcours avec un intérêt grandissant au fil des pages, heureux d’appréhender cette réalité par des voix multiples, différentes, qui donnent toute son épaisseur à ce mouvement complexe. Alors, la free party, une histoire ? Non, résolument, des histoires. Isa
Alter1fo,
février 2011
Musiques savantes, dance floor, Allez, debout là-dedans !
Matinée festive autour des Musiques Electroniques. Guillaume Kosmicki nous dévoile l’histroire, les évolutions techniques, sociologiques et musicales du XX siècle. Passionnant son livre est, passionnante l’émission fut. En plus, on a fait les auditeurs dancer dès 8h du mat ! De quoi se réchauffer en ce début d’année plongé dans la grisaille hivernale… Pour accéder au podcast de l’émission, cliquez ci-dessous : Canal B,
5 janvier 2011
L’histoire des musiques électroniques a commencé depuis longtemps à être écrite mais sous des formes très parcellaires. D’abord dans des ouvrages spécialisés dans lesquels un ou plusieurs chapitres portaient sur les compositeurs de « musique savante » s’appuyant sur les technologies nouvelles. Puis dans un domaine plus « grand public » à partir des années quatre-vingt-dix dans des magazines (Coda, Trax…) et ouvrages (Techno rebelle d’Ariel KYROU notamment) alors que le phénomène de la Techno devait passer par l’explication de texte pour être mieux compris politiquement et socialement (et pour y gagner une certaine légitimité). Parallèlement aussi, les tribulations des post-rockers amenaient à se tourner vers le passé pour mieux comprendre un mode de création de plus en plus lié à la technologie mais qui faisait toujours la part belle à l’instrumental. Il fallait donc un peu de distance, une bonne dose de pédagogie et aussi une implication directe dans la réalité du vaste phénomène des « musiques électroniques » pour enfin aboutir à cette somme que constitue Musiques électroniques: des avant gardes aux dance floors. Guillaume KOSMICKI (un nom que les adeptes de musiques de transe peuvent même considérer comme prédestiné) était bien placé pour relever le défi. Impliqué dans le mouvement free party, musicien sous le nom de TOURNESOL et impliqué dans le collectif OKO SYSTEM, musicologue et conférencier, il avait manifestement les qualités requises et il les mettait d’ailleurs déjà à profit dans son activité d’orateur à l’agenda bien étoffé. Guillaume KOSMICKI prend les choses par le bon bout et assoie sa dense synthèse sur un plan sans doute éprouvé lors de multiples explications à voix haute. Il stabilise en préliminaire une définition tout à fait limpide des musiques électroniques, puis en sape littéralement les fondements le paragraphe suivant pour mieux en éclairer la multiplicité. Vient ensuite une longue partie sur la révolution technologique, partie qui ne pouvait pas être plus judicieuse pour aborder d’entrée de jeu le nerf de la guerre, ou plutôt le choix des armes sur le champ de bataille (bandes magnétiques, synthétiseurs, samplers, home studio…). Se déploie enfin le long déroulé chronologique des styles et des pratiques musicales constituant cette grande histoire. Les futuristes italiens, la musique concrète, les DJ, le hip-hop, en passant par la popularisation du son électronique. Mentionnons au passage le sous chapitre « Radio, cinéma, électronique et bruitages » (1950 1980) qui fait défiler les expérimentations de, entre autres, Joe MEEK, VANGELIS, Pierre HENRY, Giorgio MORODER… Chaque chapitre présente des subdivisions et autant de sous-genres. Citons en une poignée: Tape Music, Disco, Funk, Electronic Body Music, Techno de Détroit, Trance Goa, Dubstep… Guillaume KOSMICKI fait preuve de la précision, de la justesse et de l’esprit de synthèse qui étaient nécessaires pour faire tenir en quatre cent pages une histoire très riche et aux ramifications qui souvent s’ignoraient les unes les autres. Ainsi évidemment chaque tribu pourra reprocher au livre de ne pas assez détailler son pré-carré mais chacune pourra aussi connaître l’essentiel sur les autres. L’auteur apporte surtout au fil de son récit des clés de compréhension étayant l’ensemble de l’édifice. On notera par exemple son bel éclairage de musicologue sur l’importance du timbre dans la musique occidentale, un aspect qui est rarement abordé dans ce type d’ouvrage. Voici donc sans doute la première véritable histoire des musiques électroniques, parce que particulièrement complète et bénéficiant du recul nécessaire d’un « praticien chercheur ». Éric Deshayes
Traverses,
mai 2010
(...) Félicitons l’auteur (spécialiste du phénomène techno et de ses free parties qui dérangent…) pour cette traversée passionnante et lucide d’un siècle qu’enrichissent aussi bien Reich et Ligeti que stars de la Motown et DJ de Jamaïque. La formule est souvent galvaudée, mais pour qui souhaite un panorama exhaustif des avant-gardes aux dance floors, richement illustré, son ouvrage est indispensable. Laurent Bergnach
Anaclase.com,
avril 2010
Ce livre est une de ces bonnes surprises, qui, de loin en loin, nous tombent dans les mains, pour y rester fermement amarrées au fil des pages. Cette étude, à l’heure des petites spécialités positives étriquées, peut sembler être de la démesure, dans l’ambition d’un auteur solitaire, qui a pourtant atteint son but. Le sujet est immense, puisque l’électronique c’est l’amplification, la duplication mécanique par l’enregistrement, le retraitement et la modification des sons, elle permet de créer des instruments réels et virtuels, aux timbres nouveaux, mais encore, les ordinateurs sont aussi des outils utiles à la pensée musicale, ce qu’on appelle la musique assistée par ordinateur. Les ordinateurs familiaux d’aujourd’hui peuvent être des studios de production sonore extrêmement complets et performants. Les compositeurs des musiques dites savantes utilisent abondamment l’électronique, mais depuis longtemps déjà, ce sont les ingénieurs du son, qui, par le disque, donnent un « son » au répertoire plus ancien. On sait aussi comment Glenn Gould montait ses enregistrements à partir de nombreuses prises, parfois de quelques mesures. C’est aussi les Ondes Martenot, ou la thérémine (théréminovox ou « antenne chantante », de Lev Thérémine) L’électronique c’est le Rock, le son saturé, le larsen de Jimi Hendrix, le son du piano Rhodes Fender et de l’orgue Hammond, le mini Moog (ah ! Emerson Lake & Palmer !), le mélotron (un court temps chez Michel Polnareff), mais c’est aussi en plein, le disco, la techno, le rap, hip-hop, tout l’art des D’js, et une incroyable multitude des styles et variantes. Guillaume Kosmicki fait preuve d’un bel esprit encyclopédique, qui n’a rien à voir avec le ramassage wikipédien. Tout le livre est traversé par l’engagement des idées personnelles, qui rendent ce livre attachant, même si nous ne partageons pas nombre d’entre elles. Il sait aller chercher les informations utiles à son projet, mais aussi les problématiques. Ainsi, part-il de l’idée de la préoccupation des musiciens pour le son, le timbre, bien avant qu’ils aient pu penser à quelque chose comme les moyens de l’électronique. Il perçoit les premiers signes de cette préoccupation chez Beethoven, on peut le contester. Mais il est vrai que les choix instrumentaux de Beethoven sont singulièrement et difficilement interchangeables. Désintérêt ou condition d’emploi des compositeurs ? Peut-être encore n’est-on pas ici au meilleur des sources pour ce qui concerne Joseph Sauveur (le premier acousticien moderne), ou encore dans la vision d’un XVIIIe siècle musical vissé comme un seul homme derrière les conceptions harmoniques de Jean-Philippe Rameau, où il faudrait faire une bonne part aux critiques et au bon sens de Jean-Jacques Rousseau. Guillaume Kosmicki écrit bien, et réalise le tour de force de présenter clairement et très pédagogiquement cette jungle, en une succession judicieuse, de courts paraphes bien cernés. Jean-Marc Warszawski
musicologie.org,
février 2010
(...) Le lecteur perçoit mieux la partie immergée de l’iceberg électro actuel, pouvant comme le petit poucet retrouver son chemin entre Garage, House, Techno etv toutes leurs expressions hybrides. Franck Tenaille
César,
février 2010
Un musicologue au nom prédestiné retrace l’histoire des musiques électroniques. Ou plus exactement, l’histoire des musiques du XXème siècle à l’aune des innovations technologiques. Très pédagogique, très complet, mais sans doute davantage pour le grand public et les néophytes que pour les fans de musique. Et avec quelques approximations et racourcis dommageables à force de vouloir parler de trop de choses. Il fait peur, le sous-titre de ce livre. En lisant sur la couverture la mention “Des Avant-Gardes aux Dance Floors”, on craint que cette histoire des musiques électroniques voudra nous expliquer qu’il y aurait un continuum entre les expériences de Stockhausen et la techno triomphante des années 90, que cette dernière serait le rejeton direct et légitime de ces dernières. Mais non. En fait, c’est même tout le contraire. Guillaume Kosmicki, musicologue de son état, rappelle à plusieurs reprises à quel point les formules journalistiques façon “Pierre Henry, grand-père de la techno” avaient tout faux, en quoi elles inventaient une filiation erronée entre deux mondes qui se sont longtemps ignorés. L’histoire racontée par Guillaume Kosmicki est en fait bien plus vaste. Elle ne parle pas que des musiques électroniques au sens où on l’entend usuellement, c’est-à-dire des genres nés des explosions techno et house de la fin des 80’s. Elle ne se contente pas de traiter des musiques électroniques stricto sensu, qu’elles soient populaires ou savantes. Non, ça va bien au-delà. L’auteur parle en fait de toutes les transformations que la technologie et les nouvelles techniques d’enregistrement ont fait subir à la musique, sans jamais exagérer les liens de parenté entre les différents genres. C’est donc quasiment toute la musique de la deuxième moitié du XXème siècle qui défile, y compris le jazz, ou le rock, quand il s’agit d’expliquer ce que ces genres ont dû à l’amplification et aux nouvelles techniques de manipulation du son, ou de détailler les expériences auxquelles ils se sont adonné. L’auteur remonte même plus loin, jusqu’à Beethoven, jusqu’à des compositeurs anciens restés fidèles à la lutherie occidentale classique, mais qui, par leurs prémonitions, ont annoncé les innovations formelles systématisées et popularisées plus tard par les musiques électroniques. En effet, Kosmicki parle de tout. Il va même au-delà de son cœur de métier, la musique et la musicologie, en frôlant les sujets sociologiques liés à l’émergence du phénomène rave, en parlant longuement des travellers et de leurs préceptes, en abordant des questions de législation. De fait, comme pour l’ensemble des livres de la collection Formes, celui-ci fait preuve avant tout de pédagogie, préférant l’explication à la polémique, adoptant un point de vue consensuel plutôt que de défendre des thèses. Ce livre, l’auteur aurait pu le sortir chez Que-Sais-Je? s’il avait écrit moins de pages, ou le nommer La Musique Electronique pour les Nuls, puisqu’il s’emploie à faire le tour du sujet, à ne surtout rien laisser de côté. C’est le grand avantage de l’ouvrage, mais c’est aussi son gros défaut. L’auteur a voulu compiler une somme, mais à force de vouloir tout traiter, il reste parfois superficiel. Tout est traité, mais vite. Dans les passages consacrés au rock, notamment, les étiquettes valsent de façon un peu aléatoire et approximative, quand Bowie et les Talking Heads se retrouvent catalogués prog rock, quand Suicide se voit qualifié de groupe no-wave, tant et si bien qu’on a parfois l’impression de lire cette encyclopédie très grand public et bien imprécise qu’est le Quid. Dominent aussi des partis-pris un peu léger, par exemple quand Kosmicki rejette ABBA et Boney M dans le même bain d’une disco dégénérée. Apparaissent également les traces d’un certain romantisme de gauche qui conduit l’auteur à parler constamment de “récupération”, quand le terme “popularisation” conviendrait tout autant, ou à décrire avec exagération ces musiques comme le produit de la noirceur des ghettos, ou de la dureté des libéralismes thatchérien et reaganien. Aussi, à force de vouloir tout passer en revue, le livre prend le risque de ne contenter personne, d’être trop complet et touffu pour les néophytes, mais de ne pas apprendre grand-chose aux amateurs de ces musiques. Parce qu’il privilégie les artistes représentatifs des différents genres qu’il aborde, Kosmicki ne leur fera rien découvrir. Cependant, il devient nettement plus captivant quand il déploie tout son savoir de musicologue pour expliquer en quoi les musiques électroniques, les savantes comme les populaires, ont renouvelé les formes et les axes de réflexion de la musique occidentale, quand il détaille quelles sont, d’un point de vue formel, leurs originalités et leurs grandes spécificités. Ce sont dans ces détails techniques, mais toujours exposés de manière claire et didactique, que réside une bonne part de l’intérêt de cet ouvrage. Un ouvrage recommandable, donc, même si le grand public devra se faire aux listes de noms et de références étalées à l’envie en témoin, sans être vraiment creusées. Et même si pour les connaisseurs, ce Musiques Electroniques prendra parfois l’allure d’une longue révision. Site Fake fo real,
janvier 2010
Lectures recommandées
Electromania
David Jisse, Christian Zanési, Christophe Bourse
France Musique / Electromania,
novembre 2009
Avec cet ouvrage, Guillaume Kosmicki (nom prédestiné ou pseudonyme ciblé ?) livre une étude de fond sur un thème qui n’avait été jusqu’à présent qu’abordé par la bande dans de précédents ouvrages des éditions Le Mot et le Reste (L’underground musical en France , par exemple, chroniqué sur notre site). L’auteur maîtrise assurément son sujet, et ses nombreuses considérations musicologiques sont généralement bien expliquées. Le livre n’en est pas moins relativement exigeant, présentant un foisonnement d’expérimentations et d’œuvres assez étourdissant ; l’ajout d’un CD proposant une sélection de morceaux évoqués aurait sans doute été utile (avec le problème du surcoût ainsi engendré), ou à défaut la mise à disposition d’extraits sur un site créé pour la circonstance… Guillaume Kosmicki insiste en tout cas très bien sur le lien consubstantiel existant entre ces musiques électroniques et les progrès technologiques opérés depuis les débuts de l’ère industrielle, progrès auxquels un chapitre préalable est consacré. Sont ainsi explorés les améliorations des techniques d’enregistrement et la création de nouveaux instruments électriques, parmi lesquels le Theremin soviétique, les Ondes Martenot, l’orgue hammond, la guitare électrique ou le vocoder dans l’entre-deux-guerres. L’accélération postérieure au second conflit mondial est ensuite sensible, avec dès les années 50 les premiers pas du numérique et de l’informatique musicale. Les années 60 semblent marquer un tournant essentiel, vers une popularisation croissante de ces techniques ou instruments initialement élitistes, à travers les synthétiseurs en particuliers (dont le Moog ou le Yamaha DX7, premier synthétiseur numérique en 1983). L’apparition du home studio et du sampler dans les années 80, puis des formats compressés tel le MP3 dans la décennie suivante, sont d’autres révolutions majeures. Les chapitres ultérieurs sont thématico-chronologiques, avec en guise de fil conducteur l’idée conjointe d’une diversité des musiques électroniques et d’un intérêt commun pour la technologie et l’étude du son (1). Si des compositeurs comme Beethoven ou Bartok s’intéressèrent déjà au timbre, c’est surtout au XXème siècle que la définition traditionnelle de la musique est bouleversée, la stricte séparation entre son et bruit étant remise en question par les futuristes ou par ce précurseur majeur qu’est Edgar Varèse (2). Satie, Antheil, Mossolov ou ces avants-gardes artistiques que sont les dadaïstes et l’Internationale lettriste participent eux aussi de l’élaboration d’une musique véritablement industrielle, tant « L’homme se sert de l’art pour dire son milieu » (p.71). Après la Seconde Guerre mondiale, deux courants parallèles, appuyés sur de véritables laboratoires, marquent une évolution supplémentaire de ces recherches sonores : celui de la musique concrète avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry, et celui de la musique électronique influencée par le sérialisme (avec la figure surplombante de Stockhausen). Ils se rejoignent finalement à la fin de la décennie dans la musique dite électroacoustique, active aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, d’où émerge la musique minimaliste. Ces dissidences musicales entretiennent d’ailleurs des liens avec l’engagement politique. Ainsi, dans les années 60, de ces figures de l’école minimaliste, la féministe Pauline Oliveros et Steve Reich, défenseur de la lutte des noirs. Les années 60, justement, sont celles de l’essor du travail en studio des musiciens rock et pop, après les efforts précurseurs de Les Paul sur l’utilisation des pistes de magnétophones et les innovations de certaines musiques de films (le classique de la science-fiction Planète interdite , par exemple) ; la popularisation des musiques électroniques ne va dès lors plus cesser. On doit ici citer les œuvres des Beatles, bien sûr, des Beach Boys ou de Jimi Hendrix. S’intéressant à d’autres formations, Guillaume Kosmicki insiste au passage sur le duo new-yorkais Silver Apples, « premier groupe purement électronique de l’histoire » (p.159). Avec la décennie 1970, c’est l’explosion tous azimuts : le dub de Jamaïque ; le jazz fusion avec Miles Davis et Herbie Hancock ; le krautrock ; l’ambient lancée par Brian Eno ; l’indus, héritier du futurisme et proche du punk ; le funk, et la disco en particulier, de par son influence rythmique et sa naissance au sein des communautés afro-américaine et homosexuelle. Les années 1980 voient ensuite l’émergence du hip hop et du rap, avec une charge révolutionnaire dans ses débuts (Public Enemy, Wu-Tang-Clan), ainsi que de la new wave, le post punk (Talking Heads), et l’électro-pop, jugée essentielle dans l’évolution des musiques électroniques (Depeche Mode, New Order, Art Of Noise), tout comme son contraire, l’electronic body music (Front 242). Les deux derniers chapitres sont tout entier consacrés à la house et à la techno, nés au milieu des années 80 aux Etats-Unis, dans les ghettos de Chicago et de Détroit, résultant d’un métissage continu des styles favorisée par les techniques du mix et du sample, avec un essor et un succès surtout concentrés en Europe. A chaque fois, le constat est clair : la dimension underground de la plupart de ces styles est peu à peu concurrencée par la récupération des grandes maisons de disques. En fait, l’exposé de Guillaume Kosmicki tend à faire penser que la techno et la house sont un aboutissement de toutes les étapes antérieures, entraînant de larges développements sur la culture que ces styles véhiculent (raves, ecstasy), négligeant leur principale limite, celle d’être une musique pour DJ et pour la danse. Tout cela en éclipsant au passage un grand nombre d’autres tendances actuelles (on pense à la new age ou au travail d’un groupe comme Radio Massacre International). Sans doute le choix de privilégier un angle d’approche très large, axé sur la technologie, conduit-il à l’impossibilité de traiter seul d’un trop grand nombre de thèmes. D’autre part, la multiplicité des exemples évoqués entraîne quelques jugements de valeur un peu rapides (3). Son ouvrage n’en demeure pas moins une référence avec laquelle il faudra désormais compter. Jean-Guillaume Lanuque (1) La nature journalistique et récente de l’expression quelque peu fourre tout de « musiques électroniques » est utilement rappelée par l’auteur, qui propose une définition plus précise et plus théorique : « Il s’agit d’un ensemble de musiques reposant sur des sons d’origine acoustique ou de synthèse sonore, traités (…) puis enregistrés sous forme d’un signal analogique ou numérique (…), et destinés à être amplifiés puis retransmis par le biais de hauts-parleurs. Ces sons peuvent aussi être joués en direct (…) Il est possible d’adjoindre à ces dispositifs de transmission des instruments acoustiques jouant en direct, eux-mêmes pouvant à leur tour être traités », p.15. (2) « Tout est musique », pour reprendre l’expression de John Cage. (3) Ainsi, à propos du Tangerine Dream des années 1970 : « Mais le groupe sombre souvent dans le grandiloquent servi par des mélodies qui ont aujourd’hui très mal vieilli », p.179 (il manque pour le moins des exemples argumentés). De même, lors de l’évocation de la vague disco, « Le rock a perdu son potentiel de bonheur, les concerts de hard rock gigantesques des années 1975–80 sont des rituels de virilité stéréotypés où l’on ne sourit plus là où le disco permet des démonstrations de joie (…) », p.207. Jean-Guillaume Lanuque
site Dissidences
Le livre du mois
Vous avez déjà lu Global Techno, Électrochoc, et Rebelle, et pensez être incollables sur l’histoire des musiques électroniques? Voici trois bonnes raisons pour se pencher sur ce nouvel ouvrage. L’auteur Nicolas Bresson
Tsugi,
novembre 2009
Musicologue et théoricien du phénomène techno à travers les raves et les free-parties, Guillaume Kosmicki s’est tout récemment attaqué à l’histoire des musiques électroniques. Un pavé qui remonte à la source (l’électronique pionnière) pour mieux appréhender le futur. Nas/im
Ventilo,
octobre 2009
Entretien avec Guillaume Kosmicki
- Quel est votre parcours ; d’universitaire, de mélomane et de musicien ? - Quelle est l’ambition de votre livre Musiques électroniques : des avant-gardes aux dancefloors ? -Pourquoi avez-vous fait le choix d’une approche historique, documentée, universitaire, de la musique électronique ? - Vous avez étudié la musique électronique sur tout le siècle dernier. Comment voyez-vous son évolution sur le siècle en cours ? - Personnellement, quels sont les “musiciens électroniques” qui vous passionnent ? Olivier Pernot
Trax,
octobre 2009
Vaste sujet que l’évolution de la musique électronique sur plus d’un siècle, que ce soit au travers des techniques d’enregistrement comme en analysant les divers styles musicaux, l’auteur nous livre un panorama assez exhaustif de tout ce qui est lié de près ou de loin à cette mutation progressive, qui donne au final le D.J. Ainsi, ce livre nous amène d’Edgar Varèse à John Cage, de Kraftwerk à Daft Punk, décortiquant tous les courants musicaux et montrant l’implication de l’arrivée de ces nouveaux outils à chaque fois. Traçant une histoire à un style que l’on a tendance à considérer un peu trop vite comme issu d’une génération spontanée, cet ouvrage permet à tous fans d’électronique de reconstituer son arbre généalogique et à n’importe quel autre curieux de mieux concevoir les ramifications entre des styles musicaux parfois très éloignés. J.P. Boyer
nouvelle vague,
14 septembre 2009
L'électro dans tous ces états
Un ouvrage passionnant qui réussit le pari de traiter avec exhaustivité le large domaine des musiques électroniques. Des avant-gardes au dance-floor : tel est le sous-titre de l’ouvrage de Guillaume Kosmicki, présenté comme musicologue, enseignant, conférencier et « spécialiste du phénomène techno à travers les raves et les free parties » depuis de nombreuses années. Fort de son expertise en la matière, il nous livre cette quasi encyclopédie de ce qu’on appelle aujourd’hui l’électro. « Historiquement, sa première utilisation date de 1951, à Cologne. L’Elektronishe Musik (Herbert Eimert, puis Karlheinz Stockhausen, Henri Pousseur, etc.) répond à un projet de langage musical savant et abstrait… » nous explique l’auteur dès les premières pages du livre, issues du chapitre Pour une définition, chapitre important s’il en est, et nécessaire. L’électro, terme à la fois fourre-tout et précis, est rarement soumise à recherche sémantique. Après cette pointilleuse introduction, l’auteur s’attaque à la « révolution technologique » du XXe siècle. Sont successivement convoqués le Gramophone d’Emile Berliner, le tourne-disque à vitesse variable de John Cage, le Theremin Vox de Léon Theremin, les guitares électriques d’Adolphe Rickenbacker, les synthétiseurs de Robert Moog, le sampler, la M.A.0 (musique assistée par ordinateur), le logiciel Pro Tools, etc. Les courants précurseurs (1800–1950) s’attardent quant à eux sur des figures prophétiques de l’électro : Edgar Varèse, Eric Satie, Béla Bartok, John Cage… L’essor de la musique électroacoustique (1928–2000) est traité de la musique concrète à la musique spectrale en passant par la fameuse musique minimaliste. Se succèdent dans une impressionnante logique la popularisation progressive du son électronique (1950–1970), la musique populaire expérimentale et dance music (années soixante-dix), l’avènement de la musique électronique (années quatre-vingt)… Pour arriver à ce que le néophyte considère comme de l’électro, en l’occurence l’émergence de la house et la techno (1985–1990), il faut attendre la page 251 ! Car, on l’a compris, le but ici est de brosser le portrait d’un genre musical aux milles facettes, dont aucune ne saurait dominer l’autre. Tous les artistes ayant de près ou de loin affaire avec l’électronique répondent présents : Philip Glass, Pink Floyd, les Beatles, Kraftwerk, New Order, Jeff Mills – et bien d’autres encore, mondialement connus ou presque inconnus au bataillon. Tous les lieux ayant accueillis sous leurs toits les vibrations de l’électronique lèvent la main : le Paradise Garage, l’UFO, le Ministry of Sound… Tous les styles possibles et inimaginables affublés de l’étiquette électro sont passés en revue : hardcore, downtempo, transe, big beat, electroclash, etc, etc. Enfin, le retentissement européen (1987–2000) permet à Guillaume Kosmicki de se pencher un peu plus sur ce qui l’a conduit à se plonger dans l’électronique : le mix des DJ, le mythe des bienheureuses raves et free parties… En effet, « plus que dans aucun autre genre musical, les manières de construire un événement autour de la techno sur le principe du DIY ont poussé le public à dépasser le cadre du simple consommateur pour s’investir à son tour. Là est le fondement même du principe de la rave : le spectacle, c’est nous tous. » Ce n’est pas sans émotion que l’auteur évoque les effets du MDMA, la drogue de la house et de la techno par excellence. Musiques électroniques – des avant-gardes au dance-floor porte décidément bien son nom. Avec une justesse et une dextérité remarquables, Guillaume Kosmicki synthétise un siècle et demi d’électro, réfutant les a priori et détaillant chaque courant avec pertinence. Le sujet devient alors une histoire passionnante, richement documentée et touffue d’anecdotes. Rien n’est laissé au hasard, et le style aéré et accessible de l’auteur rend digeste cette avalanche d’informations, permettant au profane de se plonger avec aisance dans cet univers d’une poésie toute technique. Guillaume Kosmicki tire sa conclusion d’un triste constat fait à partir des années 2000 : l’électro s’est tellement démocratisée qu’elle ne détient plus qu’un intérêt somme toute assez faible. La French Touch n’a, selon lui, jamais réellement existé. Si certains artistes savent tirer leur épingle du jeu, d’autres représentants actuels de l’électro comme Justice ne trouvent pas (ou si peu) grâce aux yeux de l’auteur. Et pour cause, leur son est « surproduit, extrêmement compressé et efficace mais sans aération ». « Mais les faits sont là, la musique redevient un véritable vecteur de partage, d’appropriation collective et non plus un banal objet de consommation », retient cependant avec optimisme Guillaume Kosmicki. Polymorphes et bouillonnantes, les musiques électroniques ont prouvé qu’elles réussissaient à se transcender quoiqu’il arrive. Perpétuellement prêtes à l’évolution, les multiples branches de l’électro composeraient un arbre phœnix, inusable et recyclable à souhait. Le futur est en marche . Sophie Rosemont
nonFiction.fr,
21 septembre 2009
Nouveau livre sur l'histoire de la musique électronique
J’ai terminé la lecture d’un nouveau livre sur la musique électronique qui s’intitule : Musiques électroniques, des avant-gardes aux Dance Floors, par un musicologue et enseignant-conférencier du nom de Guillaume Kosmicki (membre du collectif Oko System) aux éditions Le mot et le reste, paru cette année. Le livre est d’un volume conséquent (400 pages), a une approche chronologique (contrairement au livre Techno rebelle, auquel il est une alternative) et détaille bien les différents mouvements de ce mouvement de la musique électronique. Je veux parler notamment les pionniers des années 50 et 60, (1/3 du livre). L’immiscion de ses techniques et sa philosophie dans d’autres genres musicaux, comme le hip-hop, le punk ou la musique classique y est bien décrite. Et surtout, il est bien écrit, dans un style fluide qui évite les trop longues énumérations ou l’aspect concours d’égo avec chiffres à l’appui. L’auteur prend le soin de s’attarder sur la courroie de transmission entre avant-garde et musique électronique à proprement parler, les progrès de l’enregistrement et de la diffusion de la musique étant l’étape préalable à toute performance électronique. L’aspect “lutherie électronique” est également abordé. Le livre comprend un distinguo assez équilibré entre les termes “rave” et “free” parties”. Quand à la French Touch, les paragraphes qui lui sont consacrés sont assez critiques, ce qui, de la part d’un auteur français, ne m’a pas déplu. Ce qui est le plus intéressant dans le livre, c’est qu’il évoque aussi des territoires moins fertiles sous d’autres plumes, comme le Japon (c’est fou quand on considère rien que son apport au synthétiseur de le voir si peu cité) ou les pays de l’Est. Quand à l’inclassable Jean Michel Jarre, il est évoqué, essentiellement pour l’album inclassable… Oxygène, son importance, et pour expliquer que ces spectacles “pouvaient” (le verbe veut tout dire) avoir des aspects mégalomaniaques. blog - En attendant Jarre,
septembre 09
L’histoire des musiques électroniques a réellement commencé à être écrite sous des formes très souvent parcellaires dans les années quatre-vingt-dix, alors que le phénomène techno devait passer par l’explication de texte pour être mieux compris politiquement et socialement. Ou bien lorsque les tribulations des post-rockers les amenaient à se tourner vers les passé pour mieux se comprendre eux-mêmes. Il fallait donc un peu de distance, une bonne dose de pédagogie et aussi une implication directe dans la réalité du phénomène pour enfin aboutir à cette somme que constitue Musiques électroniques : des avant-gardes aux dances-floors. Guillaume Kosmicki (un nom que les adeptes de musiques de transe peuvent même considérer comme prédestiné) était bien placé pour relever le défi. Impliqué dans le mouvement free party, musicologue et conférencier, il avait manifestement les qualités requises, et les met d’ailleurs déjà à profit dans son activité d’orateur à l’agenda bien étoffé. Il prend les choses par le bon bout et assoie sa dense synthèse sur un plan sans doute éprouvé lors de multiples explications à voix haute. Il stabilise en préliminaire une définition tout à fait limpide des musiques électroniques, puis en sape littéralement les fondements le paragraphe suivant pour mieux en éclairer la multiplicité. Vient ensuite une longue partie sur la révolution technologique, partie qui ne pouvait pas être plus judicieuse pour aborder d’entrée de jeu le nerf de la guerre, ou plutôt le choix des armes sur le champ de bataille. Se déploie enfin le long déroulé chronologique des styles et des pratiques musicales constituant cette grande histoire. Les futuristes italiens, la musique concrète, les DJ, le hip-hop, en passant par la pouplarisation du son électronique et par d’autres subdivisions moins balisées, l’affaire est rondement menée. Guillaume Kosmicki fait preuve de la précision, de la justesse et de l’esprit de synthèse qui étaient nécessaires pour faire tenir en quatre-cent pages une histoire très riche et aux ramifications qui souvent s’ignoraient les unes les autres. Il apporte surtout au fil de son récit des clés de compréhension étayant l’ensemble de l’édifice. On notera par exemple son bel éclairage de musicologue sur l’importance du timbre dans la musique occidentale, un aspect qui est rarement abordé dans ce type d’ouvrage. Voici donc sans doute la première véritable histoire des musiques électroniques, parce que particulièrement complète et bénéficiant du recul nécessaire d’un « praticien-chercheur ». Éric Deshayes
Néosphères,
Septembre 09
Lectures musicales
Puisque nous parlions de livres, voici le dernier récit en date pour la dernière révolution musicale enregistrée, écrit par Guillaume Kosmicki, un jeune enseignant et musicologue… connu aussi sous le nom de Tournesol, au sein du collectif Öko sound system. A quand la 2° partie: …des dance-floor aux prairies ? le blog "Aires libres",
août 2009
Mais les temps changent et à mesure que le phénomène prend de la bouteille, dans les 90’s, ceux qui s’intéressent aux Bpm cherchent des racines à cette musique. C’est dans cette perspective que s’inscrit Guillaume Kosmicki, à la fois musicien (collectif Ôko system) et théoricien du mouvement depuis de nombreuses années. Le livre est une impressionnante somme de quatre cents pages remplies d’anecdotes et de documents visuels. Il est élaboré à partir d’un savoir encyclopédique. Il s’agit d’un récit militant et communautaire qui retrace l’histoire des technologies et du son, de la naissance de l’enregistrement jusqu’à l’affirmation de la techno en France. Le propos est évolutionniste, chaque période, chaque innovation technologique apportant sa pierre à l’édifice final, c’est-à-dire une techno plutôt esthétiquement radicale et marquée par DIY. Il en va ainsi de l’utilisation du timbre. Ainsi par exemple, pour Kosmicki,les Beatles sont-ils révélés grâce au travail de Georges Martin et la plupart de leurs titres les plus intéressants sont complètement sortis des structures traditionnelles couplet/refrain/pont. La chronologie de l’avènement de la techno opérée par l’auteur reprend la structure de la plupart des promoteurs français impliqués dans ces musiques. C’est pourquoi si l’on suit les propos du livre, jusqu’au début des années 60, la production de musiques savantes est hégémonique comme source de la techno alors que dans la période la plus récente, la focale se déplace sur les musiques populaires enregistrées. Ce qui s’explique avant tout parce que l’angle techniciste choisi permet une appréhension partielle de la musique. Last night a (free party) DJ Saved My Life? Gérôme Guibert
Magic,
août 2009
Musiques électroniques
En projet depuis au moins deux ans chez Le mot et le reste, l’ouvrage trouve enfin sa forme définitive avec un rédacteur (unique) de premier choix en la personne de Guillaume Kosmicki, musicologue, et enseignant-conférencier connu également sour le pseudo musical de Tournesol ! Le pavé de 406 pages débute ainsi : “L’histoire de la musique du XXe siècle est profondément marquée par l’apport de l’électronique”, cela n’étonnera personne, surtout pas pour vous qui êtes arrivés jusqu’ici à lire ces quelques lignes. Que dire de plus dans ce webzine, sinon que ce livre est bien conçu, que l’on y apprend beaucoup et que l’auteur “mouille littéralement la chemise” au travers de quelques démonstrations, grands écarts nécessaires et autres écritures de l’histoire musicale (récente). Guillaume Kosmicki trouve une (la ? sa ?) filiation “technologique” entre le début de l’enregistrement, l’apparition des premiers instruments de synthèse sonore, la naissance des premiers styles purement électroniques, la disco, le hip-hop, l’electro, la house et la techno… une filiation entre les tourne-disques joués en direct de John Cage et le Djing via un détour par les sound-systems jamaïquains. Raves et free parties = contre culture ! Une approche historique étayée, référencée que nous ne pouvons que saluer. Ici bas, on apprécie de retrouver Sonhors en bonne place dans la sélection des sites internet. Sonhors,
juillet 2009
Électronifiant
Comment en est-on arrivé là ? La plupart des musiques acoustiques, savantes ou traditionnelles, intègrent aujourd’hui le son électronique dans leur processus de création… fait récemment constaté sur les scènes du Bab El Med, ou du festival les Musiques. Pour comprendre ce fait, l’auteur n’hésite pas à en refaire le cheminement, en partant de Beethoven !, et à passer en revue tous les courants, aux antipodes de la techno et la house, sans qui ces bruits n’auraient pu naître et se propager… Ceux qui baignent dans le bon vieux rock à Papa devront se résoudre à l’écouter d’une autre oreille. De la résonance d’une Les Paul au psychédélisme d’Amon Duul II, en passant par le minimalisme de Steve Reich et l’influence des Pink Floyd, il n’y a que quelques nappes synthétiques, samplers ou boucles à ajouter pour suivre ces expériences jusque dans les Clubs d’Ibiza... Mais Guillaume Kosmicki ne s’attarde pas sur la piste de danse et remet certaines pendules à l’heure, notamment sur le titre de grand-père de la techno attribué à Pierre Henry. Il insiste surtout sur l’origine du style (bien avant que les artistes plongés dans la jet set ne poussent le vinyl sur les plages de Goa), la mixité et la marginalité de son public, qui rejette toute forme de disco... tout en suivant son rythme ! Ce mouvement basé sur le DIY (Do it yourself) a secoué l’Europe, et ses implications sociologiques sont évoquées ici, depuis le déroulement chaotique des rave parties jusqu’aux difficultés de copyright. Ainsi, avec ce parfait manuel, vous saurez discerner les nuances entre le chill out, le doom-core et le speed garage, même si vous ne possédez rien de tout cela dans votre discothèque !
X-Ray
Zibeline,
juillet 2009
Musiques électroniques
Musicologue, enseignant, conférencier, mais surtout membre du collectif de DJ marseillais Öko System ; Guillaume Kosmicki était sans doute le mieux placé pour écrire Musiques électroniques – Des Avant-gardes aux Dance Floors qui paraît ce mois-ci aux éditions Le Mot et le reste. Car l’histoire des musiques électroniques est un vaste champ, autant historique que stylistique, et que Kosmicki a le bon goût de la faire remonter très loin, jusqu’à Beethoven, qui révolutionna le timbre, mais aussi jusqu’aux futuristes, aux dadaïstes ou à Varèse, véritables défricheurs qui introduisirent la notion du bruit comme musique. Étroitement liée à ces révolutions, mais également indissociable des évolutions technologiques du siècle (ce que Kosmicki montre très bien, la musique passant de l’expérience live obligatoire à sa reproduction domestique par le biais du vinyle, puis du CD, tandis que la production elle-même se délocalise des studios aux laptops des musiciens d’aujourd’hui), la musique électronique passe peu à peu dans l’inconscient collectif, les premières expériences académiques de Pierre Henry ou Pierre Schaeffer à Paris rejoignant celles de John Cage à New York ou de Karl-Heinz Stockhausen à Cologne, avant d’infuser les diverses chapelles du rock des années 60 et 70, de donner naissance au dub et au krautrock pour littéralement exploser en sous-mouvements au cours des trois dernières décennies. Remarquablement documenté (c’est sans doute l’ouvrage le plus pointu publié à ce jour sur une thématique aussi étendue en France), le livre de Guillaume Kosmicki entreprend alors le décryptage, forcément pas évident, de toutes les tendances qui, de la disco à l’EBM et l’indus, de la drum’n’bass à l’électroclash, du hip-hop à la techno, ont modelé, et continuent de le faire, par hybridations multiples, le paysage des musiques électroniques. Particulièrement dense et touffu dès lors qu’il s’agit de la techno et de ses avatars (le DJ reprenant alors le pas sur le musicologue avec une étude sur le mix et une autre sur le phénomène des free parties), Kosmicki s’avère moins prolixe dès lors qu’il traite d’autres genres qui nous préoccupent ici (Skinny Puppy ou Front Line Assembly ravalés au même rang que Rammstein dans le paragraphe réservé au métal-indus, ou les chapitres sur l’EBM ou l’electronica, un peu pauvres). Mais devant le foisonnement d’une scène qui se renouvelle sans cesse, engendrant, presque chaque mois de nouveaux courants et sous-courants, de telles impasses se révèlent sans doute impossible à éviter, pour peu que l’on veuille être exhaustif. Et c’est cette exhaustivité que l’on retiendra dans cet ouvrage, seul capable à ce jour de citer aussi bien Alec Empire que Scorn, Mad Professor que Derrick May, Hakim Bey que Robert Moog. Essentiel !
D-Side,
juillet 09
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