Le Mot et le reste Formes
Musiques expérimentales
Parution : 29/09/2007
ISBN : 978-2-9153-7846-7
448 pages
21 x 14,8 cm
23.00 euros
Philippe Robert
Musiques expérimentales
Une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques
Des futuristes des années 1910 aux réductionnistes à l’amorce des années 2000, l’histoire de la musique du vingtième siècle (et du vingt-et-unième naissant) aura été marquée par l’idée d’expérimentation. Celle-ci, et pas seulement dans l’avant-garde, paraît s’être exprimée dans tous les domaines apparus alors, qu’il s’agisse entre autres de la musique électroacoustique, du jazz (quand celui-ci s’est dit « free » par exemple) ou du rock (qu’il ait été « kraut » dans les années 1970 en Allemagne, « en opposition » au milieu des mêmes années en Europe, ou encore « bruitiste » au Japon dans les années 1990). Comme si la musique, quand elle souhaite échapper à l’intimidation dominante, devait perpétuellement s’inventer afin de continuer à être. Voilà l’histoire que raconte cette anthologie, au travers d’indomptables réfractaires à toute forme d’académisme.

Né en 1958 à Paris, Philippe Robert vit dans le sud de la France d’où il écrit pour Les Inrockuptibles, Mouvement, Vibrations, Jazz Magazine, Revue & Corrigée et Improjazz. En qualité de producteur, il est à l’origine de deux disques avec des membres de Sonic Youth, et comme auteur, on lui doit Rock, Pop, Un Itinéraire bis en 140 albums essentiels, édité par Le Mot et Le Reste.

Avec, notamment : Luigi Russolo, Walter Ruttmann, Kurt Schwitters, Halim El-Dabh, Isidore Isou, Henri Chopin, Pierre Schaeffer, Edgar Varèse, Harry Partch, Raymond Scott, Moondog, Robert Ashley, Iannis Xenakis, Karlheinz Stockhausen, Pierre Henry, Jean Dubuffet, William S. Burroughs, Terry Riley, Philip Corner, Alvin Lucier, Henry Flynt, Tony Conrad, La Monte Young, Albert Ayler, Luc Ferrari, Earle Browne, John Cale, AMM, Bernard & François Baschet, Pauline Oliveros, Musica Elettronica Viva, The Nihilist Spasm Band, Conlon Nancarrow, Yoko Ono & John Lennon, Sonny Sharrock, Annette Peacock, Derek Bailey, Cornelius Cardew, Joe Jones, Evan Parker, Hugh Hopper, Eliane Radigue, John Oswald, Jac Berrocal, John Cage, Charlemagne Palestine, Fred Frith, Arthur Russell, Loren Mazzacane Connors, Voice Crack, Pierre Bastien, Jean Tinguely, Ghédalia Tazartès, This Heat, Throbbing Gristle, Hermann Nitsch, Phill Niblock, Jandek, London Musicians Collective, DNA, Glenn Branca, Milan Knizak, Nurse With Wound, Public Image Ltd., Christian Marclay, Joëlle Léandre, Alvin Curran, Jean-Marc Montera, Damo Suzuki, Klimperei, Bruce Russell, Keiji Haino, Jim O’Rourke, Bernhard Günter, Radu Malfatti, Lawrence D. « Butch » Morris, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Eric Aldéa, DJ Spooky, Alan Licht, Toshimaru Nakamura, Jason Khan, Taku Sugimoto, Martin Tétreault, MIMEO, Francisco Lopez, RRR, Rhodri Davies, Kaffe Matthews, Merzbow, Mnortham, eRikm, Sachiko M, Bhob Rainey & Greg Kelley, Lê Quan Ninh & Günter Müller, Trapist, Maja Ratkje, Audiolab, Otomo Yoshihide, Roscoe Mitchell, Jacques Coursil, John Zorn…

Préface de Noël Akchoté

Par l’exemple : « Improviser » C’est quoi ça ? Est-ce que tout le monde n’improvise pas sans le savoir ? Le vivant, la vie, sont faits de milliers de moments improvisés. L’improvisation, c’est la chose face au temps réel, l’instant présent : un savant mélange de concepts, d’affects, de réflexes, d’impulsions et de passages à l’acte. Et pas grand-chose de plus, ni de moins. Improviser, c’est poursuivre une idée en acceptant que sa réalisation pratique sera semée d’embûches potentielles. C’est donc aussi comprendre que ça peut tout à fait rater, se perdre en route et ne jamais aboutir. C’est le petit plus du vivant sur la machine. Ce qui fait un grand improvisateur, en musique, c’est sa capacité à rester entier – entière – face au tout et n’importe quoi qui lui arrive. Refuser le jugement de valeur pour préserver le jeu. C’est ne pas se démobiliser devant un certain laisser-aller général. Au contraire : l’encourager, le laisser faire, voir jusqu’où ça se déverse sur la moquette, jusqu’où ça tache, colle ou pue.
Ça va aussi jusqu’à favoriser l’accident, préférer le désastre ou l’embarras aux goûts subjectifs et étriqués d’une seule personne. L’improvisation ne sera jamais un style de musique – éventuellement un mode de vie ou une conscience, voire une présence, une permanence, mais ça ne pourra jamais être une chose fixe, précise et limitée. C’est un jeu. Un rapport au corps, au rire, à la merde, à l’autre. Sinon, on peut très bien apprendre à composer et se faire interpréter, ça va sans dire : on aura accès à la chose sociale, aux honneurs (et au revers de la médaille), mais la question musicale restera malgré tout la même. Improvisé ou composé, dans les deux cas, le résultat provient d’une interprétation. C’est encore et toujours quelqu’un qui joue quelque chose, là que tout se décide, prends corps, vie, âme – ou pas.
Revue de presse
- Consulter Francis Marmande Le Monde, 13/12/2007
- Consulter Raymond Serini Nouvelle vague, décembre 2007
- Consulter Gérôme Guibert Magic, décembre 2007
- Consulter Gilles Rof Marseille l’Hebdo , octobre 2007
- Consulter Éric Serva Tapage nocturne – France Musique, octobre 2007
- Consulter Philippe Renaud Improjazz , juin 2008
- Consulter Alesandro Michelucci Traverses
- Consulter Lionel Vicari Ventilo
- Consulter Paul Gontcharoff L’éducation musicale
- Consulter Vibrations
L’indispensable Musiques expérimentales.
Francis Marmande
Le Monde, 13/12/2007
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Aucun ouvrage avant celui-ci n’avait rendu compte de cette transversalité entamée dès le début du XXe siècle et non circonscrite au seul champ de la musique contemporaine.
Raymond Serini
Nouvelle vague, décembre 2007
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Souhaitant probablement sortir des débats récurrents dont ces musiques font preuve, tels que la question de la réification d’un style qui se veut inqualifiable, ou encore le problème de l’enregistrement comme capture d’un processus créatif éphémère, ce livre nous permet de découvrir quelques perles rares qu’on aura envie de récolter un jour ou l’autre.
Gérôme Guibert
Magic, décembre 2007
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Portrait après portrait, Philippe Robert évite tout encyclopédisme, explique sans faire dans la vulgarisation forcenée et surtout nous entraîne dans sa propre géographie musicale, liant certains artistes à travers âge et école.
Gilles Rof
Marseille l’Hebdo , octobre 2007
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[…] L’ouvrage ouvre les portes de ces univers sonores réputés ardus et les éclaire avec quelques informations simples et essentielles sur chaque compositeur, son environnement, sur le pourquoi et le comment de sa démarche et sur la valeur de son apport musical. Aù delà de l’impressionnante somme de connaissances qu’accumule Philippe Robert, c’est surtout sa facilité à synthétiser et à vulgariser son érudition, sa judicieuse sélection d’œuvres et d’artistes majeurs, sa capacité à nous faire partager l’intérêt de chaque œuvre et à nous inoculer ce virus de l’expérimentation auditive qui font le sel et feront la réussite de cet ouvrage indispensable.
Éric Serva
Tapage nocturne – France Musique, octobre 2007
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Ainsi défile la fine fleur de l’improvisation, du free jazz, des contemporains, des poètes, des inclassables, qu’ils soient européen(ne)s, japonais(es), américain(e)s ou de n’importe quel pays, peu importe, ils (elles) sont tous là, ceux/celles qui construisent disque après disque, concert après concert, un formidable mouvement esthétique dont on a, pour l’instant, difficulté à analyser tant on a le nez dedans. Philippe Robert prend de la hauteur, nous fait revivre tel ou tel détail discographique que l’on avait peut-être oublié, tente de nous démontrer que tel groupe ou tel musicien(e) est essentiel, alors qu’on l’avait superbement ignoré –ou détesté – et par là nous aide à remettre un peu d’ordre dans ce chaos musical.
Cet ouvrage est essentiel non seulement pour un parcours initiatique, mais aussi pour des passionnés déjà au fait, ou qui croient l’être. Je vous assure que j’ai appris pas mal de choses dans cette bible publiée à l’initiative du Grim – scène musicale de Montévidéo/Marseille.
Philippe Renaud
Improjazz , juin 2008
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Le livre examine les implications culturelles, sociales et esthétiques des expressions musicales traitées, les contaminations et les affinités entre des mondes paraissant très lointains. Un livre à lire, à consulter, à tenir toujours à la portée de main.
Alesandro Michelucci
Traverses
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Anecdotes, influences et analyses foisonnent dans cet ouvrage dense qui se dévore à pleines oreilles.
Lionel Vicari
Ventilo
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En dehors des courants dominants de l’avant-garde savante occidentale, du jazz ou du rock, quantité d’artistes élaborent des musiques expérimentales difficiles à classer et peu diffusées. D’où l’intérêt de cette anthologie qui nous introduit à l’univers de 101 musiciens ou collectifs, surtout américains, japonais et français. Les notices fourmillent de références culturelles et soulignent l’importance de glorieux modèles tels, parmi bien d’autres, William S. Burroughs, Cage, Fluxus, A. Ayler ou Sonic Youth. Une lecture stimulante qui donne, avant tout, envie d’écouter.
Paul Gontcharoff
L’éducation musicale
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Ce que nous raconte ce livre, qui retrace près d’un siècle de différence absolue, n’est pas une histoire banale. Ce n’est même pas une question de rupture ou de continuité. C’est tout simplement l’histoire de quelques personnes qui, à un moment de leur vie, n’ont plus cultivé qu’une seule obsession : ne ressembler qu’au rêve qu’on fait de soi. Certains y sont parvenus. D’autres on fait mieux : ils ont réussi.
Vibrations
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net