Offensive
Offensive n°11
Parution : 01/09/2006
44 pages
31 x 23 cm
Tarifs :

Offensive n°11
On hait les champions
La coupe du monde qui anima le début d’été 2006 a confirmé plus que jamais ce propos: « le sport est partout ». Les athlètes s’affichent sur les murs, les télés dépensent des milliards pour diffuser des compétitions, « L’Équipe » est le journal le plus vendu en France, les enfants pratiquent le sport à l’école et en club si affinité, les gars comme les filles s’habillent en Adidas ou Nike, les politiques aiment sourire au côté des sportifs... et vos ami-e-s en discutent entre eux.

Loin d’être associé à la joie et au lien social, le sport, c’est-avant tout la violence sur les terrains et en dehors, la compétition pour départager des êtres humains au millimètre, le dopage pour préparer des hommes-machines, le fanatisme exacerbé des supporteurs qui crient à tue-tête « enculé, enculé », le culte d’un corps qui doit être musclé et viril, la hiérarchie parce qu’il faut toujours un gagnant et un perdant. Vive le sport!

Pourtant, la critique du sport est absente, y compris du discours révolutionnaire : soit parce que ça n’a aucun intérêt (« c’est une affaire de sportifs »), soit parce qu’on ne souhaite pas se mettre en porte-à-faux avec une pratique si populaire. Le sport est pourtant né au milieu de XIXe siècle en Angleterre, lorsque le capitalisme prend forme. Par le sport, on institutionnalise une pratique physique qui existait auparavant sous forme de jeu. Tandis que la course au progrès débute, il s’agit de désigner les meilleurs, avec toutes sortes de classements. Tandis qu’on vante la saine concurrence du commerce international, le sport compare les performances des sportifs
nationaux. Le sport n’est pas neutre ni apolitique, mais se fond à merveille dans le capitalisme pour y véhiculer la même idéologie.

Nous devons combattre le sport. Cet opium du peuple remplit les stades de dizaines de milliers de spectateurs animés d’une ferveur et d’une foi à faire pâlir d’envie n’importe quel curé. Au stade tous les dimanches ! « On arrête tout », titrait un journal pour le premier match « des Français » à la Coupe du monde, tandis que le gouvernement comptait sur cet événement pour calmer le ras-le-bol ambiant. Il s’agit bien de cela : le politique et la contestation sont neutralisés par le sport. On s’en prend à l’incompétence des entraîneurs, mais pas à son patron. On s’engueule pendant des heures à parler stratégie, mais jamais on ne discute de l’avenir que nous réserve le Medef. La force du sport est de produire tout autant l’idéologie capitaliste de la performance que du spectacle pour celles et ceux qui n’auront bientôt peut-être même plus de pain. Tant qu’ils ont des jeux...

Analyses
On mine la technologie à Grenoble
N’ingérons pas la cogestion !
à propos de l’histoire universelle de Marseille
La langue de tous les possibles

Dossier On hait les champions
Un opium du peuple
Aux origines du sport
Sport-business, un pléonasme
«Le sourire des volontaires…»
La performance avant tout
Le sport rouge
Critiquer le sport sans totem ni tabou
Le sport en chemise noire
Le sport contres les femmes
Le corps sportif
Quelle intégration par le sport ?
Gagner n’est pas jouer

Horizons
Psychiatrie algérienne et antipsychiatrie

Entretien
La Commune de Paris

Contre-culture
Livres, Musique, Arts vivants-ciné

Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net