À sa création, Offensive libertaire et sociale (OLS) se présentait à travers sa déclaration politique comme « un élément dans la constellation libertaire, apportant sa pierre au mouvement révolutionnaire ». Après vingt-deux numéros, il était temps de consacrer un dossier à l’anarchisme ! Non pas pour retracer son histoire, d’autres l’ont déjà fait, ni dresser un état des lieux – qui reste à faire – du milieu libertaire dans l’Hexagone, mais plutôt pour réaffirmer la pertinence des idées anarchistes. Des idées qui n’existent pas seulement au travers de ceux et celles qui les défendent bec et ongles, mais bien au-delà : par des pratiques lors de luttes, des réflexions avancées dans des débats ou des publications diverses…
Face au triomphalisme creux de certain-e-s (« Les drapeaux noirs [et rouges] flottent partout ») et au défaitisme d’autres (« L’anarchisme a fait son temps »), la mouvance libertaire ronronne sans doute un peu trop, arc-boutée sur des conflits et positionnements antédiluviens qui mériteraient d’être questionnés, réactualisés et surtout soumis largement (c’est-à-dire au-delà de nos groupes, cercles, collectifs, etc.).
Et comme tout milieu, les anarchistes se complaisent autour de quelques certitudes. En « bon anarchiste », il fallait les interroger : l’illégalisme est-il forcément le signe d’une pratique libertaire ? Le pouvoir peut-il être combattu ? Être anarchiste peut-il suffire à nous unir ? Quels fantasmes se cachent derrière nos envies de révolutions ?
À l’heure ou certains politicards sèment intentionnellement du confusionnisme – « Les anarchistes et les trotskistes divergent sur les façons de prendre le pouvoir » ; « libéral = libertaire » –, les anars, en s’appuyant sur ce qui fait leur spécificité et leur multiplicité, ont sans doute de nouvelles pratiques à apprendre et/ou à essaimer, des réflexions novatrices à se réapproprier et/ou à diffuser, et des regroupements à favoriser sans se vendre au « diable» réformiste ou consumériste, bien sûr !
Les textes qui suivent, plutôt que d’affirmer un positionnement politique définitif, défendent une pensée libertaire ouverte, en débat, riche d’apports extérieurs. Ils sont le reflet de discussions dans l’OLS et ailleurs. Ils peuvent se compléter, se répondre. Le débat est ouvert…