Parangon
Les Frontières de la politique
Parution : 21/06/2007
ISBN : 978-2-8419-0170-8
176 pages
14.00 euros
Les Frontières de la politique
Cette nouvelle livraison de Variations s’offre aux lecteurs alors que les frontières de la politique ont été malmenées et dérangées par les principaux candidats à la présidentielle, et qu’un homme a pu prendre le pouvoir grâce à un discours de rejet, celui de Mai 68, mais aussi celui de l’Autre et de la différence. Cette édition de printemps propose de revenir sur une série de thèmes de lutte et de révolte devant ce type de discours idéologique régressif.
Nous ouvrons ce numéro sur la pensée de la complexité et le prolétariat. Dans un long entretien, Edgar Morin entre dans les détails de sa culture intellectuelle. Sa pensée originale puise dans des expériences venues d’ailleurs, la culture séfarade, la rupture avec le marxisme soviétique, la lecture et la rencontre d’auteurs étrangers, les réflexions dialectiques et une inspiration écologique arrimée au projet de l’émancipation. Oskar Negt et Alexander Kluge décèlent la pertinence et la persistance du concept de prolétariat, après le déclin de sa signification ouvriériste. La compréhension de l’expérience prolétarienne et celle de ses formes publiques constituent un antidote intellectuel à la démocratie élitiste, plébiscitaire et anhistorique. Maurice Décaillot cherche à saisir l’économie solidaire comme un élément d’une refondation démocratique de la société, qui entre en résonance avec la capacité d’auto-organisation des acteurs. Lucia Sagradini fait apparaître les pratiques transgressives qui permettent de passer de la dictature à la démocratie et à l’espace public, grâce à une recherche qu’elle a menée sur les actions artistiques de rue en Argentine. Denis Berger témoigne du mur auquel il s’est heurté lors de sa tentative de s’engager comme militant opposé au stalinisme aux côtés du Parti Communiste Français ; son récit éclaire singulièrement et violemment pourquoi ce modèle politique et ses pratiques ne peuvent pas perdurer. Florent Jakob choisit un registre philosophique plus classique pour aborder les limitations techniques ou sentimentales de l’action politique. Aldo Häsler opère un déplacement de terrain, approchant la question de l’engagement et de la distanciation politique par l’exil d’Ernest Manheim, sociologue critique, qui a dû fuir le régime nazi. L’essentiel de l’essai de Häsler concerne le scepticisme légitime qui s’empare de Manheim face au tournant barbare de la culture occidentale.
Le Hors-champ présente des considérations contemporaines au sujet du Quartett de Heiner Müller (Laure Couillaud), il déconstruit allégrement, mais pertinemment, le musée du Quai Branly (Julien Bordier), et démonte la philosophie du pouvoir avec Hannah Arendt (Lucas Martin).

Sommaire

Dossier
Pour une anthropolitique, Edgar Morin
Ce que le mot prolétariat signifie aujourd’hui, Oskar Negt/Alexander Kluge
Favoriser l’émergence de l’économie équitable, Maurice Décaillot
A sad America ! Les pratiques artistiques de rue en Argentie : un nouveau nexus politique, Lucia Sagradini
La fin de la nuit. Les trostskistes et l’« entrisme » dans le Parti Communiste Français, Denis Berger
La politique, entre l’opératoire et le sentimental, Florent Jakob
L’exil du sociologue : Ernest Manheim, un migrant ordinaire, Aldo Häsler

Hors-champ
Quartet de Heiner Müller, le désir et le vide, Laure Couillaud
Un triste visage de la république : le musée du quai Branly, Julien Bordier
Le conflit entre le pouvoir, le nombre et les armes. Prééminence et potentialité du pouvoir chez Arendt, Lucas G. Martin

Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net