Parution : 06/11/2007
ISBN : 978-2-35122-028-3 264 pages 15 x 22 cm 25.00 euros |
Robert Lafont
Prémices de l’Europe
VIe-XIIIe siècles
Depuis sept siècles que les Etats corsètent l’Europe en leur armure, depuis cinquante ans qu’ils essaient, de traité en traité, de se dépasser sans se renier, il est temps de rappeler que ce Continent est aussi fait d’espaces, de routes, de peuples, de langues et de cultures. Sur cette carte dépliée et dans cette histoire sans bornage, Robert Lafont parcourt les grands mouvements humains qui nous ont faits, Européens, uns et divers, qu’il s’agisse d’invasions successives, de guerres inexpiables, de crimes dynastiques ou de vagues de création culturelle qui émergent et déferlent. Le lecteur est emporté par un tumultueux torrent d’érudition, que canalise un style d’une rare maîtrise. Robert Lafont, (1923 – 2009) professeur honoraire de l’université de Montpellier et docteur honoris causa de l’université de Vienne, a produit une œuvre en deux volets, l’un littéraire en langue d’oc, l’autre scientifique en français et en d’autres langues. Historien de la littérature, il s’est intéressé à l’ensemble de la tradition occitane et à la poésie baroque; historien des sociétés et militant des espaces économiques, il a également payé de sa personne dans les mouvements populaires de la fin du XXe siècle. Robert Lafont a également publié, aux éditions Sulliver, Prémices de l’Europe, VIe-XIIIe siècles (2007).
Extrait: Ce livre est le récit d’une genèse. Il la prend au moment où Rome flambe aux torches des Wisigoths. Il va la suivre dans la bousculade des pouvoirs germaniques et dans le lit défait de l’Empire. Puis il suivra ce replâtrage de latinité à la truelle monastique qui traversera six siècles, jusqu’à ce que deux descendances linguistiques le craquèlent : la néo-latine, bariolée de dialectes, et la germanique, qui prend au latin l’écriture. Six siècles d’une latinité qui n’oublie pas tout de ses origines, parle toujours d’Empire et de consulats, et lit Cicéron ou Virgile. Mais six siècles recouverts d’une épaisseur de latinité cléricale qui met jusqu’aux profondeurs de la Germanie l’homme en prière dans les intervalles des guerres et des massacres. Si l’on se fie aux seuls témoignages qu’on ait sur ce long temps d’ombre, il semble que l’homme n’y ait connu de lumière que de Dieu et qu’il n’ait vécu que de crimes dynastiques en oubliant l’amour terrestre, guerroyant mâle et oubliant sa part féminine, où réside le mal depuis un certain péché en Eden ressassé en images d’Enfer. |
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