Parution : 04/03/2008
ISBN : 978-2-35122-038-2 76 pages 15 x 22 cm 19.00 euros |
Régis Dubois
Hollywood, cinéma et idéologie
De « Tarzan à Hollywood » aux « Peaux-Rouges, Noirs, Viets, Arabes, aliens et autres mutants », en passant par « Le D-Day mis en scène par Hollywwod », ou les incontournables « Rocky et Rambo », chapitre après chapitre une réalité se dessine : « En plus de promouvoir un certain mode de vie, les films made in Hollywood imposent aussi et surtout une manière de penser. Car l’idéologie américaine est définitivement inscrite dans les formes et dans les structures mêmes du cinéma hollywodien. » À travers des exemples concrets, dans un style qui allie efficacité et humour, ce livre dévoile les complicités du vieux couple cinéma-idéologie, auquel Hollywood s’applique régulièrement à donner une nouvelle jeunesse. Régis Dubois enseigne le cinéma. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment : Dictionnaire du cinéma afro-américain (Séguier, 2001), Le Cinéma des Noirs américains (Le Cerf, 2005) et Une histoire politique du cinéma, paru en 2007 aux éditions Sulliver, et particulièrement bien accueilli par la critique.
Extrait: Tous les films hollywoodiens mettent en scène un premier rôle (parfois deux, un masculin et un féminin), des seconds rôles et des rôles de moindres importances. De la sorte ils imposent, d’une certaine manière, une hiérarchie parmi les personnages et, en dernière instance, parmi les Hommes. Notons que les prix d’interprétation (les Oscars notamment) reprennent cette même classification. Aussi les films hollywoodiens fonctionnent-il sur un modèle hiérarchisé et individualiste. Ce qui n’était pas le cas des premiers films soviétiques d’Eisenstein, par exemple, qui inventa la figure de la « masse-héros » (les masses laborieuses étaient « le » héros de l’histoire). Dans le cinéma hollywoodien cette vision individualiste est renforcée par le phénomène du star system. La vedette, reconnue comme telle, tient le premier rôle, son nom figure en ouverture et en lettres capitales au générique, elle a le monopole du gros plan et c’est elle qui oriente la perspective narrative, faisant survenir les événements, motivant et justifiant dans le même temps les changements de plans. C’est à elle que le spectateur est convié à s’identifier par un subtil jeu égocentrique de mise en scène des regards (regard de la caméra, regard du spectateur et regard du personnage) . Le second rôle ne sera lui par conséquent qu’un faire-valoir, objet, adjuvant ou opposant, destiné à réaliser ce complexe processus de projection-identification. Les films hollywoodiens imposent en ce sens une hiérarchie des personnages, hiérarchie donnée comme modèle au spectateur et, insidieusement, à la société (voir pour exemple le type de relation homme/femme développé dans Fenêtre sur cour). |
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Michaël Melinard
L'Humanité Dimanche
Thomas Roland
lecoindeloeil.com
Géraldine Pioud
iletaitunefoislecinéma.com
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