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À paraître
La Bestialité
Parution : 07/05/2008
ISBN : 978-2-35122-037-5
576 pages
15 x 22 cm
33.00 euros
Thierry Galibert
La Bestialité

La bestialité n’est pas la bêtise, aussi peut-on la rencontrer dans des esprits reconnus, tels André Breton ou Jean-Paul Sartre. Elle affecte l’intelligence et conduit à penser à contre bon sens, le plus souvent avec suffisance.

Pour la cerner, l’auteur prend le parti de s’appuyer sur Antonin Artaud, qui fut à la fois le plus grand pourfendeur de la bestialité et sa victime emblématique. À la suite de Marx qui la découvre en Victor Hugo, Antonin Artaud traque la bestialité dans la modernité occidentale. Avec Nietzsche, il constate alors que le processus évolutif de l’Occident conduit à transformer le monde en hôpital psychiatrique potentiel en lequel l’aliéné n’est pas celui qu’on croit.

« D’une certaine façon, il entre dans les intentions de cet essai de rétablir la poésie comme philosophie première. »

Thierry Galibert est professeur de littérature française à l’Université Aix-Marseille. Il est l’auteur d’articles et d’essais sur la poésie des XIXe et XXe siècles, notamment Le poète et la modernité (1998). Il a également dirigé le collectif Antonin Artaud écrivain du Sud (2002).

Extrait:

Rien ne distingue Breton et les siens du reste de la société totalitaire vu que, avec eux, la pensée qui appartient à tout le monde confond l’acte (individuel) de penser avec la communauté du savoir en inversant l’ordre logique à partir de la perception rétinienne. Breton était moins le Pape du surréalisme que le prototype de la personne type de la modernité. N’aurait-il été que cela, Artaud ne l’aurait évidemment pas plus mis en cause qu’un autre, il avait auprès de lui, infiniment plus édifiants, des exemples de psychiatres. Le plus bestial en lui tenait à cet aplomb qui, des décennies durant, en dépit des contradictions patentes, lui permit de maintenir à la face du monde cette certitude intellectuelle d’être dans le vrai. Aussi, que, pareil à Sartre, il ait pu être le maître à penser de projets alternatifs sert seulement à abuser les bonnes volontés en procédant selon la logique politique de l’alternance au sein d’une même pensée unique.

Antonin Artaud est mort en 1948. Pour qui veut en découdre vraiment avec la raison mondaine, reste à méditer inlassablement son appel lancé aux surréalistes : « si nous en avons tous assez, si nous sommes prêts à tout, pour sortir de l’impasse spirituelle à laquelle nous avons été acculés, et en partie par notre faute », il faut admettre que le problème a beau être « d’ordre et d’intérêt universels, sa solution n’est pas universelle. Elle est personnelle, et d’autant plus ardue. » (I**, 72). Jusqu’au moment de comprendre cette évidence, « fussions-nous libres dans le sens où ils [bourgeois, prolétaires] l’entendent, nous ne jouirions encore que d’une caricature de liberté » et nous ne serions « jamais parvenus qu’à nous détruire nous-mêmes, à nous nier dans notre être comme dans notre activité ».

Revue de presse
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[…] un ouvrage dense, surabondant, porté par une culture littéraire et philosophique infinie, avançant de thèse en thèse, de citation en citation, comme une machine monstrueuse, passant de Marx à Tocqueville, de Hegel à Breton et Sartre, de Hugo à Max Stirner, Michel Henry, Foucault, Deleuze ou Mallarmé, qui, s’il met Artaud au centre, l’utilise comme prisme à travers lequel sont radiographiées toutes les composantes de la modernité occidentale.
Robert Maggiori
Libération
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La bestialité, pour reprendre le concept de Galibert, a triomphé au XXe siècle comme jamais auparavant. Sans doute a-t-elle signé là l’évènement d’un retournement dont nous n’avons pas fini de sonder les ténèbres: la Bête surgissant du milieu même de ce que l’Occident a produit de plus haut, de plus beau. [...] Il est certain qu’Antonin Artaud a vécu dans sa réalité corporelle, singulière, le moment d’un tel échange: il en a été averti et il l’a signifié aux autres, à sa manière, par l’écrit, par le dessin, par une façon d’être inoubliable.
Le lire aujourd’hui, aller chercher Artaud dans ces textes qu’il a laissés un peu comme ces tablettes cunéiformes dont on scrute les caractères mystérieux, c’est entrer dans l’intelligence d’une destinée de l’Occident dont rien ne prouve, aujourd’hui encore, qu’il en est conscient.
Michel Crépu
La Revue des deux mondes
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[...] l’auteur de La Bestialité a vu grand, très grand, voire immense. Il convoque à la barre une foule inouïe de témoins, de penseurs, de philosophes. Défilent ainsi – impossible de les citer tous – Platon, Rousseau, Sade, Nerval, Tocqueville, Nietzsche, Marx, Engels, Freud, Fondane, Sartre, Bourdieu… Le remarquable est que cette prodigieuse érudition est parfaitement maîtrisée. Chaque fragment cité l’est toujours en situation. L’ensemble est d’une densité impressionnante.
Alain Virmaux
Europe
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A partir de cette opposition Artaud/Breton qui est la matrice d’un livre-univers foisonnant de références, Galibert investit des terrains aussi variés que le cinéma, le théâtre, la sociologie, l’ethnologie, l’économie politique, la métaphysique ou la psychiatrie. Il y montre les filiations qui unissent Artaud et Marx, Rousseau, Nietzsche ou Foucault. Il y traque, avec Artaud ou en son nom, la bestialité sous tous ses visages, dont ceux de Hegel, Sade, Hugo ou Sartre. [...] L’intelligence deviendrait au bout du compte bestiale chaque fois que le sujet consentirait à s’aliéner, au sens marxien du terme, c’est-à-dire à se soumettre au produit de son propre travail, voire, en suivant Artaud, aux règles sociales issues de sa pensée, ou même aux mots figés d’un langage commun.
Roland Echinard
Marseille
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