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À paraître
Marseille quart Nord
Parution : 17/03/2009
ISBN : 978-2-35122-058-0
288 pages
14 x 21 cm
19.00 euros
Benito Pelegrín
Marseille quart Nord

Au faîte d’un parcours d’universitaire et d’auteur réputé, Benito Pelegrín nous livre une chronique sur les quartiers nord du Marseille de son enfance de jeune exilé espagnol, à Saint-Louis, creuset profond des immigrations marseillaises. Sur fond de crise du logement (le mouvement des squatters naquit ici), c’est, avec un regard d’aujourd’hui, l’évocation d’un Marseille ouvrier des années 50, ses problèmes, ses fêtes, sa mentalité, ses conflits sociaux, ses solidarités, mais encore sa puissance industrielle.

Par petites touches, entre mélancolie et surtout humour, se dévoilent la fresque d’une époque et les frasques de toute une galerie de personnages vivants et pittoresques avec leurs façons de parler, de penser, une comédie humaine à l’échelle d’un quartier, d’un squat, et la chronique se fait roman et théâtre : Marseille, en somme.

Benito Pelegrín, Professeur émérite des universités, écrivain, dramaturge, poète et musicologue, est spécialiste international du Baroque et du Néo-baroque. Citons, dans son abondante bibliographie, ses deux livres publiés en 2008, D’un temps d’incertitude, Europe XVIe-XVIIIe siècles, aux éditions Sulliver, et Le Criticón, une nouvelle traduction commentée du livre de Baltasar Gracián.

Extrait:

Au commissariat de Saint-Louis, où il fallait se faire ficher comme étranger, un policier, le commissaire peut-être, d’un ton bourru réfrigérant, m’avait demandé nom et prénom :
– Benito ? C’est quoi, ça encore ?
– C’est Benoît, en français, balbutiai-je, frigorifié… J’ajoutai, comme une caution culturelle : Benedictus en latin, Benedict en anglais…
J’aurais pu ajouter Bénezet en provençal, Benet en catalan, Bento en portugais, mais je l’ignorais alors. Je cherchai un secours de la science, dans une intuition fulgurante de ma future vocation – ou fatale obligation – de linguiste :
– Cela veut dire bien dit, béni, le contraire de maudit.
– T’es italien ?
– Non, monsieur, espagnol.
– Ça sent Mussolini. Ton père, il devait l’admirer pour te donner ce fichu prénom…
Tout mon sang se révulsa et, sans considération pour l’autorité dès qu’on touchait à ma dignité, à mon père Benito, c’est-à-dire à moi, je débitai, avec une émotion qui me coupait le souffle, tout ce que ma mère m’avait appris quand elle surprit, ce que jamais je n’aurais osé lui avouer, que mon prénom faisait l’objet de sarcasmes de mes camarades, soufflés par leurs parents :
– Mon père, il était anarchiste, de la C.N.T. F.A.I. ! Benito, c’est espagnol ! En italien, c’est Benedetto !
– Qu’est-ce que tu me chantes ? C’est plein d’Italiens qui s’appellent Benito comme Mussolini !
– Oui, ses parents, lui avaient donné le prénom du révolutionnaire mexicain BENITO Juárez, ils l’admiraient, c’étaient des socialistes, on a fait beaucoup de films sur lui, sur la Révolution mexicaine. Et puis, lui – Mussolini – il donnait des primes aux parents qui donnaient ce prénom à leurs fils. Et puis, l’Italie, s’il y a aussi des Benito, c’est que c’était espagnol pendant des siècles ! Oui, toute l’Italie, presque toute, et Besançon, « Vieille ville espagnole », Victor Hugo le disait, et…

Revue de presse
- Consulter Philippe Gut L'Humanité
- Consulter Jacques Lovichi La Marseillaise
- Consulter Pierre Echinard Marseille
- Consulter Emmanuel Riondé Regards
- Consulter Marie Godfrin Guidicelli Zibeline
- Consulter Michel Gairaud Le Ravi
- Consulter François Noudelmann France-Culture
- Consulter Francesca Isidori France-Culture
- Consulter Joseta Dàvid La Marseillaise
- Consulter Prouvènço aro
Cette “chronique marseillaise” se lit comme un roman, mais c’est surtout un témoignage souvent poignant sur la vie de cette ville foisonnante, cosmopolite, dure aux nouveaux venus mais qui savait à la longue, alors, les assimiler: il y a de cela cinquante ans…
Philippe Gut
L'Humanité
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Il s’agit ici (c’est très rare) d’une exceptionnelle réussite. […] Il parvient à mêler tous les niveaux de langue, du plus populaire au plus savant, sans qu’il y ait jamais rupture. […] je conseille vivement la lecture pour rire et pleurer de “Marseille quart Nord”.
Jacques Lovichi
La Marseillaise
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L’auteur, utilisant les divers niveaux de langage qu’il a appris à maîtriser jusqu’aux extrêmes de la création littéraire et théâtrale, passant des larmes au rire, joue (pour ne pas dire jongle) avec les noms, les mots, les dérapages linguistiques savoureux, les situations saisies sur le vif ; maniant la pirouette de l’humour pour éviter les débordements émotionnels d’une sensibilité à fleur de peau.
Pierre Echinard
Marseille
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Ce sont les années 1950, il fait froid, il fait pauvre, mais le petit exilé découvre avec gourmandise cette ville peuplée d’Italiens, d’Arméniens, de Grecs, de coiffeurs racistes et de filles coquines. Accents d’ailleurs, quiproquos, noms rigolos, le populo de ces quartiers aux noms de saints réinvente sans cesse la vie et la langue à sa convenance.
Emmanuel Riondé
Regards
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Tout y est: les familles, les engagements politiques (car le recueil est aussi un témoignage historique de premier plan sur l’Europe d’après-guerre), les langues mixées, Ies petits métiers. Benito Pelegrín donne à son récit de vies croisées une chaleur humaine qui semble endémique.
Marie Godfrin Guidicelli
Zibeline
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Benito Pelegrín […] a connu dans sa jeunesse la dureté de l’exil,fuyant avec sa mère et ses deux sœurs l’Espagne franquiste. Sans ostentation, le travail de mémoire qu’il réalise ici décrit une époque en plus de profondeur que bien de savantes thèses historiques. À lire ou à relire.
Michel Gairaud
Le Ravi
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Quel bonheur et que d’émotions à lire “Marseille quart Nord”. […] On est très ému, et en même temps on rit beaucoup, grâce aux dialogues.
François Noudelmann
France-Culture
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C’est une parole d’une humanité rare .
Francesca Isidori
France-Culture
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“Marseille quart Nord” es un retrach dau Marselha deis annadas 50 onte lei premiers “squats” son naissuts, mai es subretot lo racònte d’una vida que lo lector n’en serà esmougut.
Joseta Dàvid
La Marseillaise
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Un testimòni vivènt e lucide sus uno vilo e uno epoco. Aqueste libre es pèr amourous de Marsiho.
Prouvènço aro
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